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 Retraite forcée

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Aldara
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MessageSujet: Retraite forcée   Jeu 19 Mar - 1:10

Elle ne savait pas ce qui lui avait pris.
Boire. Boire ainsi jusqu'à plus soif.
Elle qui n'avait pas touché un verre depuis des mois. Elle qui n'avait pas foulé le sol d'une taverne, même la sienne, depuis des semaines... Qu'est-ce qui, ce dimanche de Mars, avait poussé La Rouge à céder à son démon le plus liquide?... L'évocation du passé, peut-être, avec cet inconnu, un certain Patrick Du Tuquet, chevalier, avait-il dit... Un passé pourtant à peine suggéré, juste là, à l'orée de ses lèvres fendues, mais qui ne s'était pas verbalisé, qu'elle avait gardé dans la gorge, ravalant sa rancoeur et son amertume.
C'était sans doute cela, oui, pour faire descendre ce mauvais gout dans sa bouche, elle avait eu besoin d'alcool. De beaucoup d'alcool.

Résultat: une dame en robe sang tangue à présent dans les rues de Sancerre, son ombre chancelant sur le pavé, à la lueur de la lune. Son pas martelle le sol, irrégulièrement, de gauche puis de droite, pas même sûr de la route à prendre.

Au détour d'une ruelle, une silhouette encapuchonnée. Un nez fin, régulier, blanc, dépasse de l'étoffe, le reste du visage plongé dans la nuit.
Rien d'un corps humain n'est visible. Ni mains, ni pieds, juste une grossière étoffe couleur de nuit. Cela semble flotter à quelques centimètres du sol.
Cela guette sa proie. Attend le bon moment.
Cela se retient, faisant grincer ses dents à la vue de la femme ivre.
Cela vérifie qu'ils sont seuls avant d'avancer d'un pas et de passer dans la lumière des bougies du quartier...

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Alfredine
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Jeu 19 Mar - 22:05

J'attends.
En voilà une.Une femme, encore. De plus en plus. De plus en plus souvent aussi.
Seigneur, soutenez mon bras pour aider votre créature.
Signe de croix, signe de croix. Baiser chaste sur mes phalanges blanches.
Cette femme... Son visage semble terne sous la lune, ces blessures sur sa bouche... Son front meurtri. La brebis a déjà souffert. Cela excuse-t-il son pêché d'ivresse?
Regard vers le ciel en quête de réponse.
Oui Seigneur, j'entends. Aucune excuse pour les pêcheurs...
Signe de croix, signe de croix. Baiser chaste sur mes phalanges blanches.
Sous la lueur vacillante des bougies, j'entrevois une croix de baptême, rouge, comme la robe de la malheureuse. Une brebis égarée donc... Qui salie le nom de mon Maître...
La colère étreint mon coeur, mes dents grincent dans ma bouche.
Pardon Seigneur, pour cette colère à laquelle je ne dois pas céder...
Signe de croix, signe de croix. Baiser chaste sur mes phalanges blanches...
Je m'avance vers elle, avec douceur et sans bruit.

Mon enfant... Dieu m'envoie vers toi. Il a pitié de tes souffrances. J'ai entendu Son appel et voudrais que tu L'entendes aussi. Comme Son chant est mélodieux! Comme Son verbe est sensé! Comme Son pardon est grand! Viens avec moi, nous panserons tes plaies et, avec l'aide de Dieu, tu verras la lumière, enfin, pour la première fois de ta vie...
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Aldara
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Jeu 19 Mar - 22:13

La Rouge n'a rien vu venir, que déjà une femme la touche presque. Le vin qui coule dans ses veines ralentit ses mouvements, elle n'a pas le temps de porter les doigts à sa dague.
Voilà que la femme joue les illuminées, son préchi-précha écoeurant plein la bouche.

Hop, ma soeur! Cessez-là vos simagrées. Votre Dieu n'a que faire de moi et je le lui rends bien. Passez votre chemin, allez donc convertir filles de joie ou maitresses d'homme marié... Et laissez-moi rentrer dans la seule maison qui n'a jamais cessé d'être la mienne...

Alors qu'Aldara s'apprête à faire un pas de côté pour poursuivre son chemin, la femme encapuchonnée s'avance encore un peu, le visage durci. Elle tient quelque chose dans la main. Un linge. Blanc. Du moins clair, comme une tache de lune dans sa main.
Avant même que La Rouge puisse réagir, le morceau de lune vient se coller sur son nez. Soudain le sol se dérobe, la terre tourne, les lumières vacillent.
Plus rien...

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Alfredine
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Jeu 19 Mar - 22:26

Regard au ciel qui demande clémence...
Pardonnez-moi Seigneur. Je ne le fais que pour accomplir Votre oeuvre...
Mes dents grincent encore. La sal... elle blasphème! Créature de Dieu! Tu craches sur ton Père!
La décoction fera vite effet. Elle fait toujours très vite effet. Cet apothicaire n'avait pas menti. Mandragore, démoniaque, honnie par mon Maître mais pourtant ô combien efficace pour accomplir Son oeuvre...
J'avais prévu que l'ivrogne se rebellerait. J'avais déjà imbibé la toile que je tiens bien cachée, à l'abri, dans la longue manche de ma gabardine.
Mais il faut faire vite. On pourrait venir...
Alors je fais vite, et je plaque l'étoffe sur la bouche de la pu...
Le corps s'écroule comme un sac lourd, dans un imperceptible bruit d'étoffe.
Signe de croix, signe de croix. Baiser chaste sur mes phalanges blanches.
Seigneur Tout Puissant, aidez-moi dans ma tâche si ingrate... Aidez-moi à tirer votre créature du purin dont elle est engluée...

Je traine ce corps jusqu'à la charrette qui m'attend, au fond de la ruelle étroite.
Sancerre t'a pourri jusqu'à l'os, sac à vinasse, nous allons te nettoyer, faire de toi une bonne fille, digne de son créateur...
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Aldara
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Jeu 19 Mar - 22:42

Lorsqu'elle ouvre les yeux, elle ne sait pas depuis quand elle dort. Elle ne sait pas où elle est, ni comment elle est arrivée là.
Instinctivement, elle porte la main à son front: plus de médaillon. A sa poitrine: plus de robe rouge, ni de corset. A son cou: la croix de baptême de Johanara est toujours là...
Ses belles étoffes ont disparu. A leur place, une grossière chemise qui lui écorche la peau, à manches courtes et à la maille approximative.
Un rapide regard circulaire lui apprend qu'elle est dans une pièce nue. Une paillasse atroce sous son dos, à même le sol, un fenestron à barreaux qui balafre le jour et une porte colossale en bois brut.
Un pichet d'eau à sa droite et une masse qui semble être du pain.
La tête lui tourne, ses paupières ont du mal à rester ouvertes, pourtant il faut qu'elle sorte de là...
Impossible de rester debout. Trop haut. La chute serait inévitable. Alors elle rampe jusqu'à la porte, tambourine faiblement contre le bois... avant de remarquer des griffures profondes dans l'écorce. Elle plisse les yeux, des mots, il y a des mots gravés...
Berthe... Alphonsine... Marie... Elisa... Je...ne... veux... pas... mou...

Norf!! NORF!!!!
AU SECOURS!!!!!

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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 20 Mar - 0:50

Chevalier, Chevalier vite dit, tu laisses partir dame Aldara, dans son état de souffrance morale, son corps tout entier altéré par cette vinasse, pourtant tu l’a bien vu, elle titubait, ne sachant même plus ou se trouvait le porte de sortie…..et toi chevalier tu restes sur ton céant.
Allons, bouge toi, remue toi, marche, cours…..mais bonsoir de bonsoir va l’aider.

Pris d’un remord fou, Patrickdutuquet, ouvrit la porte de la taverne, avec telle violence, que le bruit de celle-ci claquée contre le mur, aurait pu paraître coup de tonnerre.
Regardant à gauche à droite de cette ruelle sordide, il aperçu au loin une silhouette, ,qui pourtant lui était connue de peu, mais dont jamais il n’aurait pu oublier ses lignes parfaites.
Le cœur un peu plus rasséréné, il prit ses jambes à son cou, pour aller faire son devoir de gentilhomme.
Mon Dieu, que se passe-t-il ? Ces cris, cette silhouette encapuchonnée, mais que fait cette personne…..Aldara tombe, l’autre l’a prend, j’entends des voix, non pas celle d’Aldara, de l’autre, une femme, " Pardonnez moi Seigneur, Seigneur tout puissant " , mais bon sang, serait-ce nonne en ce lieu ?

Désespérément, Patrickdutuquet, essaie de les rejoindre, mais le bruit des sabots du cheval tirant une carriole, se faisaient de plus en plus rapide.
Il ne pouvait plus que les suivre à distance…..
Haletant, à bout de force, il maintenait pourtant l’allure, il ne pouvait pas laisser tomber, Dame Aldara, aux mains de nonnes, sachant par expérience, qu’elles peuvent parfois faire plus de mal que de bien.
Sa ténacité fut récompensée. Se dessinait au loin une grande bâtisse austère, où des statues paraissaient se mouvoir, mais ce n’était que l’ombre des arbres, balançant avec ce vent glacial en ce mois de mars, qui donnait cette impression.
A l’approche de cette maison, une cloche retentit, et une lourde et large porte s’ouvrit, laissant passage à l’attelage et leurs occupantes.
Dès que celui fut passé, aussitôt elle fut refermée, barrant toute entrée.
Patrickdutuquet arriva devant cette architecture, qui en fin de compte était un couvent.

A grands coups de poing dans la porte, à coups de pommeau de son épée il essayait de faire venir quelqu’un. Quelques instants plus tard, le judas s’ouvrit.

"Que voulez vous à cette heure? Tous les braves gens dorment »

Patrickdutuquet, demanda de voir la dame qui venait d’être conduite à l’intérieur du couvent, et la réponse qui lui a été faite fut :
" Personne n’est entré depuis belle lurette, bonsoir Messire " , et le judas se referma.
Patrickdutuquet savait, que Dame Aldara était en grand danger parmi ces gens qui se disent de Dieu.
Il fallait trouver une solution, et une solution rapide, et même trouver quelqu’un pour l’aider…
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Alfredine
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 20 Mar - 1:10

La fille pèse un âne mort. Et toutes ses fanfreluches qui l'enlaidissent, qui la détournent de la Vérité.
Nettoie ton âme, pécheresse, commence par ôter le masque qui te cache pour révéler la pureté de ton corps.
La cellule 4 sera très bien. Spacieuse, aérée, confortable. Elle en a aidé bien d'autres, cette cellule, à retrouver la Voie. Des gourgandines ramassées dans le caniveau, des faiseuses d'anges prises sur le fait, des diseuses de bonne aventure faisant l'aumône...
La lourde clé à mon ceinturon tinte, tinte dans ma tête.
Une fois à l'intérieur, je dois retirer toutes ces choses inutiles.
Le médaillon d'abord. Une plaie dessous, cicatrisée mais encore visible. Deux lettres, deux V, qui brulent sa peau blanche, sur lesquelles je passe mon index tremblant.
Signe de croix, signe de croix, baiser chaste sur mes phalanges blanches...

La robe ensuite. Si lourde, si chaude, si douce, si... Rouge. Indécente. Flamboyante. Comme les flammes de l'Enfer. Les lacets de cuir glissent entre mes doigts, libérant ce corps abandonné. Un gémissement à peine audible s'échappe des lèvres de la pécheresse, tandis que l'étoffe glisse le long de ses jambes.

Des bottes. Du cuir blanc. Des lacets encore, que je délace. Que l'Homme peut être doué de ses mains quand il est inspiré! Quand le souffle divin l'anime!
Pardon Seigneur pour ce pêcher d'orgueil!
Signe de croix, signe de croix, baiser chaste sur mes phalanges blanches...

Le corps reste prisonnier d'un corset d'une finesse absolue. La poitrine se soulève à peine, en une cadence enivrante, je peux voir le pouls battre sous la peau diaphane.
Des lacets, toujours, des lacets...

Elle est nue à présent. Sous mes yeux, sous la lumière du soleil qui se lève, sous les yeux de son créateur.
Seigneur, regardez comme elle est belle, ainsi délivrée de ses carcans! Telle que Vous l'avez modelée! Telle qu'elle naquit le jour où Vous plaçâtes en elle une âme!

Son corps est beau, je voudrais le toucher, je voudrais le gouter, je voudrais le mordre...
Signe de croix, signe de croix, baiser chaste sur mes phalanges blanches...

Rapidement, j'enfile la robe qui doit aller à une âme en rédemption. Je tremble un peu, à chaque fois que mes doigts effleurent cette peau douce, chaude...
Je traîne ensuite le corps sur le lit, place ses bras en croix. A son réveil, elle sera si heureuse...
La clé tinte, tinte dans ma tête.
Je referme la porte.
Signe de croix, signe de croix, baiser chaste sur mes phalanges blanches...
La clé tinte, tinte dans la serrure...
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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 20 Mar - 1:34

Patrickdutuquet arpente les ruelles noires, sur ces pavés ruisselants d’humidité et de crasse, des cris sortent des tavernes, des ombres furtives s’envolent, des parfums de femmes se heurtent aux senteurs des fermes, tout s’entrechoque dans la tête vide du chevalier.
Il n’a qu’une idée, la retrouver pour la délivrer.
Il faut bien se rendre à la raison, à l’évidence, cette nuit plus rien à faire….essayer de rentrer, pas l’envie de rentrer, pourtant…..une nuit de sommeil …..oui…..la nuit porte conseil……si elle n’est pas remplie de démons…..,ou de nones…..
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Aldara
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 20 Mar - 11:57

Sortir. Sortir d'ici. De cette cage. Vite.
Aldara secoue la tête pour se réveiller complètement. Pas un bruit au dehors. Pas un bruit?...Si! Mais de l'autre côté!
La Rouge rampe vers le fenestron, le coeur emballé. Elle a peur? Non. Elle est en colère. Elle se souvient peu à peu de la nuit dernière, enfin d'une nuit, elle ne sait plus quand. De cette grenouille de bénitier qui l'abreuvait de ces bondieuseries. Et puis le trou noir, après un éclair de lune...
La pièce est petite pourtant... Aldara a l'impression que jamais elle n'atteindra le mur humide et irrégulier. Enfin elle y parvient, prend appui comme elle peut, se redresse et empoigne faiblement le barreau glacial. Sur la pointe des pieds, elle colle sa joue contre la balafre du jour et fait claquer sa langue dans sa bouche. Encore une fois, mais l'effort lui coute.
Enfin l'oisel répond à sa maîtresse.
Rouge sourire. Caresse fébrile au fidèle messager.
Petit rouleau vierge à la patte. Une précaution qu'elle avait pris un jour, perdue dans la campagne, après avoir été attaquée et laissée pour morte.
Aldara décroche le fin vélin, y trouve le minuscule morceau de charbon et trace quelques caractères maladroits.
"Au secours,
Retenue au couvent. Vous êtes mon seul espoir. Aidez-moi
Aldar..."

Le charbon s'écrase sur le vélin, il ne livrera pas autre chose...

Une silhouette en chemise grossière, en appui mal assuré sur le mur, triture un parchemin qui peut lui sauver la vie. A cet homme. Cet inconnu. Pourquoi lui écrire à lui, plutôt qu'à Mileagan ou à son frère?... Le premier a disparu sans laisser de trace, le second est trop occupé avec sa nouvelle mie.
Dernière caresse à l'oisel.
File mon tout beau. Va porter ton message à Messire Du Tuquet. Il est sans doute le seul qui s'inquiètera un peu de mon absence...

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Dernière édition par Aldara le Sam 21 Mar - 3:39, édité 1 fois
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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 20 Mar - 18:28

Par Saint Patrick….Que Dieu le bénisse encore un fois !!!!

Voilà les premières paroles que Patrickdutuquet prononça à son lever de paillasse.
La nuit avait été cauchemardesque. Les rêves s’entrechoquaient avec les cauchemars, les cris avec les pleurs, des masses fantomatiques s’étaient accrochées à l’intérieur de son plus profond obscur, et les seuls moments où ces hallucinations nocturnes faisaient place à des rêves moins pernicieux, il pouvait deviner une cellule, une croix, un homme en habit d’homme de Dieu.

Pourtant il savait pertinemment que servante de Dieu, il avait reconnue.

Il avait peut-être trouvé le stratagème pour enlever, pour délivrer Dame Aldara des griffes
de ces gens qui se veulent la Main de Dieu.

Pour cela il fallait qu’il s’enquiert auprès de certaines grenouilles de bénitier, d’informations importantes pour le plan qu’il était occupé de monter.

Au sortir de son humble demeure, une surprise l’attendait. Un oisel sur le pas de la porte attendait. Son cœur commençait à battre la chamade, il avait reconnu l’oisel, lui qui avait déjà apporté plis. Les mains légèrement tremblantes d’anxiété, sachant que si l’oisel était là, ce n’était pas pour rien. Il s’empressa de prendre le messager pour y décrocher le fin vélin….et lu.
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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 20 Mar - 20:02

"Au secours,
Retenue au couvent. Vous êtes mon seul espoir. Aidez-moi
Aldar..."

Elle est vivante !!!! , mais dans quel état ? Que lui a-t-elle fait ? Pourquoi l’a-t-elle emmenée ?
Il faut que je sache et au plus vite, …..sa vie en dépend peut-être.
Si jamais une de ces catins religieuses a fait outrage à son corps, il lui en cuira. Je n’hésiterai point de leur faire goûter à la finesse de mon couperet.


Il y a belle lurette que Patrickdutuquet ne s’était fait mouron pour autrui, c’était un sentiment qu’il avait perdu.

Oui, renvoyez son coursier, il retrouvera bien son chemin…..vite….de quoi écrire ….

Dame Aldara, j’ai reçu votre pli, je sais où vous êtes, je viendrai vous délivrer sous peu….gardez courage…..votre dévoué chevalier PdT.

Va mon bel oisel, va rassurer, cette gente Dame, allez…….
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Aldara
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 20 Mar - 21:59

Elle a dormi, elle ne sait pas combien de temps. Pas eu la force de retourner sur la paillasse, elle s'est ratatinée sous la balafre du jour, le front appuyé contre le mur humide. C'est l'odeur de la moisissure qui la réveille, son nez redevenant aiguisé alors que les dernières vapeurs opiacées le chatouillent encore.
Museau qui se fronce, sourcils qui se rapprochent, l'étau est toujours là, de chaque côté de son crâne.
Ses cheveux noirs coulent dans son dos et sur ses épaules, lui faisant un rideau opaque devant les yeux.
Main qui ouvre le rideau sombre, yeux qui se plissent sous la lumière.
Soudain un bruit d'ailes légères au-dessus de sa tête. Fébrilement La Rouge se relève, le coeur battant fort sous sa peau. L'oisel revenait-il bredouille, n'ayant pas trouvé son destinataire?...
Langue qui claque contre son palais. L'oiseau entre dans la cellule, libre d'y entrer et d'en sortir...
Aldara défait en tremblant le pli et le déroule, jetant un oeil inquiet à la porte.

Dame Aldara, j’ai reçu votre pli, je sais où vous êtes, je viendrai vous délivrer sous peu... Gardez courage...
Votre dévoué chevalier PdT.


Il sait où je suis... Il sait où je suis!! Je vais sortir d'ici! Je ne veux pas mourir...
La vue se brouille alors que les mains se crispent sur le précieux vélin.
Non, elle ne veut pas mourir. Pas encore...

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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 20 Mar - 22:18

Elle doit être réveillée maintenant, après un sommeil rédempteur.
Je vais prendre de ses nouvelles, voir si le sevrage commence. J'aime voir les corps qui se tordent quand le démon meurt dans les veines des pêcheurs. La sueur fait luire leur peau translucide, leur bouche tordue râle, râle et vomit des insultes, leurs doigts se crispent et arrachent des poignées de cheveux. Ils se griffent parfois, ou bien griffent les murs, jusqu'au sang.
Puis lentement le souffle se fait plus long, les pupilles se rétractent, les corps se mettent en boule. Les bouches réclament pitié ou pitance, selon les fois.
Ou en est-elle, la balafrée?

La clé tinte, tinte et tourne dans la lourde serrure. Je regarde le ciel avant d'entrer.
Seigneur, aidez-moi à la secourir.

Je regarde d'abord la paillasse. Vide. Elle s'est donc réveillée. Elle pleure, là, toute ramassée sous le fenestron.
Signe de croix, signe de croix, baiser chaste sur mes phalanges blanches.

Mon enfant. Vous êtes dans la maison de Dieu, ne pleurez pas. Vous serez heureuse ici, une fois débarrassée de vos démons. Faites-moi confiance, faites-Lui confiance. Il vous aime et moi aussi, à travers Lui.

Ses cheveux sont beaux, ils brillent, ils sont si longs... Je voudrais les toucher, les sentir, les manger...
Ma main s'approche doucement et se pose sur la sombre crinière...
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 20 Mar - 23:41

Des jours que l'Écossais se demandait se qui était arrivé à sa soeur. Par deux fois, il lui avait envoyé un courrier et par deux fois, son messager était revenu avec la missive à la patte. Pourtant, ce faucon avait été dressé tout particulièrement pour retrouver Aldara où qu'elle soit. Que se passait-il donc?
Malgré la présence d'Élienore et de Rosa à ses côtés, Aragorn ne pouvait s'empêcher de se poser des questions. Certes, ils avaient eu des mots. Certes, leur dernière conversation avait été plus qu'orageuse. Mais Aldara était sa soeur. Et elle le demeurerait jusqu'à ce que dame Nature en décide autrement.

Cela faisait quelques jours qu'il faisait une réserve de pain pour prendre la route, direction Sancerre, lieu de résidence de sa chère soeur. Son voyage en Bretagne avec son amour et sa fille allait avoir un peu de retard. Mais il devait en avoir le coeur net. Et pour cela, il devait aller vérifier par lui même.
Le temps des au revoir était donc arrivé.


Je te promets d'être prudent mon amour. Quant à toi, tu attends sagement Halli. Elle ne va plus tarder. Et vous vous mettez en route.

Baisers interminables, enlacement qui n'en finissaient pas avec son amour. Rosa ne quittait pas son père des yeux. Il sentait bien dans le regard de sa princesse tout un tas de reproches. Il finit par monter sur son fidèle destrier et prit la route. Il se retourna à plusieurs reprises pour saluer son amour et sa petite princesse et lança enfin son cheval au galop.

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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Sam 21 Mar - 0:22

Depuis le matin, et depuis des heures Patrickdutuquet était dans cette bâtisse aux odeurs d’encens. Le soleil à travers les vitraux donnait des tons chatoyants aux murs couleur de Sienne. Ces peintures qui ornaient les murs, lui rappelaient ces atrocités que des gens peuvent faire à d’autres, sans savoir vraiment le fond des choses.
Quelques femmes agenouillées priaient, d’autres dans un chuchotement, avaient l’air de palabrer. Était ce vraiment le lieu pour ce genre de commérages ?
A deux rangées de chaises derrière lui, deux nonnes et le curé discutaient de plus en plus
ardemment. Dans leur ardeur verbale, leur dialogue devenait limpide.
Un dépêché du Pape devait arrivé icelieu, dans très peu de temps, pour faire rapport de la paroisse, de sa fidélité au Saint Père et rendre compte du travail effectué au couvent sur les impies.
Cette information était inespérée. La voute de l’église s’enluminait.
L’information quant à la date d’arrivée de cet envoyé papal n’avait pu être audible.
Le groupe religieux sortit pour se diriger vers le presbytère. Patrickdutuquet suivit le mouvement.
A bout de souffle la dame qui servait le curé, en tant que bonne et bonniche, lui communiqua la nouvelle :

« Monsieur le Curé, l’envoyé du Pape arrive dans deux jours, dimanche, je viens de l’apprendre par un coursier du village voisin, dont le curé avait reçu la missive papale par erreur «

Deux jours, c’est peu et pourtant trop long pour ELLE.
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Sam 21 Mar - 3:31

Aldara entend la clé dans la serrure, puis les niaiseries de sa geôlière. Elle se ratatine un peu plus, pensant qu'elle a peut-être là une chance de s'en sortir.
L'illuminée s'approche doucement et pose ses doigts sur ses cheveux. S'en est trop pour La Rouge, qui saisit brutalement le poignet de la diablesse en robe noire.
Pupilles rétrécies par la colère, articulations blanchies par la pression sur le poignet, Aldara serre les dents et articule à voix basse:
Personne ne me touche, espèce de tordue. Il fut un temps où le beau sexe en a eu le droit, mais grâce à vous, ce temps est révolu. Alors retirez vos sales pattes avant que je vous égorge de mes dents...

La petite nonne est toute blanche, blanche comme le morceau de lune qu'elle a collé sous le nez de La Rouge. Mais ses pupilles sont allumées et son sourire vicieux... La drôlesse...

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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Sam 21 Mar - 15:31

Patrickdutuquet s’était encore éveillé en sursaut. Un cri l’avait glacé dans son sommeil.
Il fallait aller aux labeurs.

La mine du comté serait propice pour passer ses nerfs.
Il aurait dû, normalement travailler pour « sa patronne d’un jour « , mais le sort en avait décidé autrement.

Malgré les efforts physiques qu’il déployait à casser cette caillasse, son esprit restait vif.
Il se souvenait de ce dimanche passé, en fin d’après-midi, en la taverne.
Cette dame, à fière allure, à allure jeune, à allure pleine de maîtrise, encapuchonnée et vêtue comme un « chaperon rouge « , cette dame…….Dame Aldara.

Le peu aperçu de son visage, faisait dessiner une bouche, aux lèvres sur lesquelles une fine cicatrice avait été tracée. Mais à la place de ternir celle-ci, cela lui donnait un charme que l’on ne peut s’expliquer.

Assise d’abord à ma table, le temps de quelques phrases, elle avait fuit à dix pas.
L’opportunité de voir son visage s’était envolée.
Il ne lui restait que les mots, les phrases, ses questions…..et cela avait déjà suffit à l’apprécier…..mais aussi pour comprendre qu’elle n’était ni fragile, ni innocente et certainement pas naïve, mais réfléchie.

Terminant son repas de midi, Patrickdutuquet, fut interpellé par un « tic, tic « au carreau.

L’oisel…..son messager…..sa maîtresse n’étant pas en demeure, il doit mourir de faim….viens, viens, tiens quelques graines qui te feront le plus grand bien.

Au premier coup d’œil, aucun message n’était à la patte de l’oisel.

Mais oui, voilà mon coursier qui pourra lui donner nouvelles du plan échafaudé pour Sa liberté. Allez, active toi.
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Alfredine
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Sam 21 Mar - 15:10

La claque part à toute vitesse, le bruit sur la chair est doux à mes oreilles. Mes dents grincent dans ma bouche alors que je libère mon poignet des griffes de la garce. Elle ne pensait peut-être pas que je la giflerais. Han, qu'elles sont cruches à penser toutes qu'une femme comme moi n'est que douceur et abnégation!
Oui Seigneur, mon abnégation est pour Vous seul
Signe de croix, signe de croix, baiser chaste sur mes phalanges blanches...

J'arpente le sol de la cellule, regardant la fille en cheveux, la bouche toujours ouverte et la main caressant sa joue rosie. La clé tinte, tinte, contre mon ceinturon.

Et bien mon enfant, puisque la douceur ne fonctionne pas, tu m'obliges à utiliser une autre manière... Dieu me soutient, Il sait que c'est pour Lui que je travaille ici, moi et toutes celles qui L'ont rejoint. Ton corps est infecté par le vice, et ton âme en souffre, je vais l'aider à guérir. Avec ou sans ton accord...
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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Sam 21 Mar - 17:26

Patrickdutuquet s’enhardissait à trouver quelques vélins.

Tous les moindres mouvements du temps, étaient déjà trop de temps.

Il savait que la Dame Rouge souffrait. Que bien avant cet étrange enlèvement son cœur était meurtri, son corps aussi, et il ne fallait pas que d’autres mains la fassent tomber dans les abysses des ténèbres.

Voici le message :

« Dame, ce dimanche un envoyé du Pape, arrive en Sancerre. Je guetterai dès l’aube, sur le seul sentier qui mène au village. Prendre sa place, me sera jeu d’enfant. Quelques notions de latin me reviendront. Une visite est prévue au couvent, de ce fait j’y serais. Je m’arrange pour qu’on me fasse visiter quelques cellules, une fois dans la vôtre, je déposerai discrètement un linge d’église dans lequel vous trouverez dague, un livre religieux où vous trouverez lime, et vous ferait boire fiole soit disant d’eau bénite, qui sera en fait un élixir pour purifier votre corps de toute décoction spirituelle qu’elle aurait pu vous administrer. PdT «

Il prit le seul petit être au monde qui pouvait entrer et sortir de la prison de Dame Aldara , à sa guise, y accrocha le vélin et lui dit :

Va rejoindre ta maîtresse, va remettre mon précieux message, va, et reviens moi vite !

Une caresse à l’oisel, en guise de remerciement et le fit envoler.
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Grandpas
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Sam 21 Mar - 17:44

Grandpas arriva enfin à Sancerre. La fatigue le tenaillait, mais il lui fallait se renseigner sans attendre sur ce que pouvait être devenue sa soeur. Trouver l'Auberge Rouge, il était certain de la trouver icelieu. Un petit sourire à l'évocation de ce nom. Il se souvenait que sa soeur lui en avait parlé.
Il fit avancer son cheval lentement dans les ruelles sinueuses de la cité berrichonne. Les passants le dévisageaient mais il restait impassible, fixé sur son but unique: trouver Aldara, quoi qu'il lui en coûte.

Enfin l'enseigne de l'auberge apparut. Les mètres qui l'en séparaient semblaient ne point se terminer. Fire, son fidèle destrier le mena à destination et enfin, il put descendre. Une tape amicale à son ami et il ouvrit la porte de la taverne.
Mais la porte resta fermée. Il s'approcha d'une fenêtre, la nettoya un peu de sa manche de manteau, et regarda à l'intérieur. Pas âme qui vive et surtout, la taverne semblait fermée depuis une longue période.

Il se retourna et fit un tour d'horizon de la ruelle où il se trouvait. Une dame passait à cet instant et Aragorn l'interpela.


Ma dame, veuillez m'excuser, mais je cherche la propriétaire de cette auberge. Pourriez-vous me dire où je puis la trouver?

La dame le dévisagea. Puis elle regarda autour d'elle, cherchant visiblement une aide éventuelle. Grandpas resta droit comme un "i" devant elle, attendant qu'elle lui parle. Enfin, après un long moment, elle se décida à ouvrir la bouche.

Ben, tout c' que j' peux vous dire, mon bon seigneur, c'est qu' la p'tite dame à la bouche fendue, ben y a drôl'ment longtemps qu'on l'a vue. La taverne est fermée d'puis des s'maines.

L'Écossais la remercia d'un signe de tête, se forçant à lui sourire. Mais il n'était pas plus avancé. Il se dit que retrouver sa chère soeur était un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais il n'était pas du genre à laisser tomber. Il prit son cheval par la bride et avança dans la ruelle. Il finirait bien par trouver quelqu'un qui pourrait le renseigner.

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Aldara
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Sam 21 Mar - 21:34

La gifle est magistrale, sonore et efficace. Aldara n'en revient pas. Cette petite bonne femme est un démon et il est probable que La Rouge aura à en découdre avec elle. Les forces lui manquent pour rétorquer, mais cela viendra, et il lui en cuira, à la dévouée diablesse...

Alors qu'elle cherche comment atteindre cette clé qui tinte à la taille de sa geôlière, un piaillement au-dessus de sa tête. Norf, son oisel est de retour et probablement chargé d'un pli. Si jamais l'illuminée s'en aperçoit, s'en est fini du volatile et de son précieux message. Il faut détourner son attention.
La Rouge rampe donc vers la nonne, l'obligeant à tourner le dos au petit fenestron.
Mon âme souffre, dites-vous... Mon corps est infecté, mes veines brûlent du vin dont je l'ai nourri, ma gorge asséchée réclame breuvage... C'est ce que vous croyez? Mais pour qui me prenez-vous donc? Et qui êtes-vous pour juger mes actes? Une petite nonne à la botte d'un Invisible Horloger? Qu'Il vienne! Qu'Il se présente à moi, Votre grand maître! Celui qui a permis qu'on me moleste, qu'on me viole et qu'on m'engrosse. Celui qui a arraché l'enfant de mes entrailles. Celui qui m'a volé ma Belle, ma poupée rousse, mon Bonheur. Celui qui a fait du seul homme que j'ai jamais aimé, un fiéfé brigand arrogant et égoïste! Qu'Il vienne! J'ai des choses à Lui dire!

Son souffle se fait court, haché par l'émotion et la colère. Mais la diversion semble fonctionner...

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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Dim 22 Mar - 20:09

Depuis l’aube il était à l’affut, comme on peut être à l’affut d’une bête sauvage, mais celle-ci était une bête de Dieu, certainement pire encore.
L’attente avait été interminable, depuis le gazouillis des plus fragiles oisels, jusqu’aux martèlements de ces mastodontes de sangliers.
Encore une fois, sa patience et son courage allaient payer. Les précautions avaient été prises pour qu’on ne puisse le reconnaitre. Une cape noire recouvrait tout le corps et un capuchon digne d’un moine cistercien enveloppait la tête jusqu’en bas du nez.

Qu’entends-je ?

Tais toi le cerf !


Un bruit de sabots ferrés, le grincement d’un essieu mal graissé….Bon Dieu (pardon, doux Jésus) ….il arrive ce diable de cette papauté tyrannique.

Une chance, ils n’étaient que deux. Pas d’escorte. L’un menait la carriole, l’autre, le nez sur la poitrine devait dormir à poings fermés.

Halte….halte là…..gens d’église !!!! Toi, le prêtre, lâche les renes du cheval et descend !!
Réveille celui que tu sers ! N’essaie point de te rebeller, il t’en cuirait. La lame de mon épée pourrait te trancher la tête en un tour de main.


L’autre était réveillé, il ne comprenait rien, il sentait la vinasse d’église comme un tonneau que l’on vient de percer.

Détache le cheval, tire la carriole sur ce sentier qui mène jusqu’à cette chapelle templière, et prend l’outre de vin sur pattes.

Arrivé dans ce lieu, où certainement des chevaliers croisés, avaient fait honneur à leur code, Patrickdutuquet les emmena dans une pièce sombre, sans fenêtre et les attacha à une poutre de chêne. Il avait eu la chance que les vêtements du prêtre étaient de sa taille.

S’il ne m’arrive malheur, vos vies seront sauves !!!!! A bientôt…..peut être.

Ne perdons plus de temps…Dame Aldara……gardez foy…..si seulement mes pensées vous arrivaient……

Au galop, il arriva dans le village, où l’envoyé du Pape était attendu.

Sillonnant les rues et les ruelles de ce beau village, une auberge retint son attention….elle était rouge. Il s’y arrêta. Des sensations bizarres étreignaient son être….un frisson spirituel avait engendré une nausée……
Virevoltant sa monture un chevalier à quelques pas était…….Beaucoup plus loin, derrière ce dernier, une jeune femme accourrait…….
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Aldara
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Dim 22 Mar - 22:53

Johanara a écrit:


Leurs pérégrinations à travers le Berry les avaient mené à Sancerre. Les deux cavaliers , cheveux flamboyants au vent , n’en finissaient plus de deviser gaiement tout en flânant dans les venelles pittoresques de la vieille bourgade.

Plus d’un an que ses pas ne l’avaient mené à Sancerre et certains endroits lui étaient devenus étrangers.

Mais pas cette ruelle. Comme une impression d’être chez soi…

Bien sûr! L’auberge rouge! Sa chère Aldara! Elle n’avait guère de nouvelle de sa brune filleule et même ce benêt de Crategos qui lui servait d’époux n’avait su lui en donner lors de son emménagement en Armagnac et Comminges.

Que devenait elle la Rouge?

Une visite de courtoisie s’imposait!

Amour , cela te dérange si nous passons rendre visite à une amie très chère à mon cœur ? Je n’ai point de nouvelle d’Aldara depuis son retour en Berry. Tu vois cette grande bâtisse écarlate? J’y ai vécu de très doux moments en sa compagnie!

Souvenirs fugaces… Éclats de rire et confidences partagées , Aldara au même titre qu’Ysandre avait jalonné ses années en Berry d’agréables moments et d’une très forte amitié.

Misère comme la course du temps était effrénée , liant et déliant les âmes selon son bon vouloir…

Le cœur serré , elle resta un instant sans mot dire , face à la demeure, sa main cherchant celle de son bien aimé avec douceur.

C’est alors qu’elle le remarqua. Rôdant lui aussi , le regard vague.

Mmmh un soupirant ? Un scélérat préparant quelque coup fumeux? Allons bon!

Elle allait s’enquérir du pourquoi de sa présence icelieu lorsqu’une voix connue l’interpella.

Faisant volte- face , Johanara reconnut Grand-pas et toute méfiance quitta son regard jade.

Bien le bonjour! Vous venez vous aussi rendre visite à Aldara ? Quel heureux hasard!

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Alfredine
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Dim 22 Mar - 23:42

Alors qu'elle vomit sur mon Maître, je la regarde, les mains jointes. Ses insultes ne Le touchent pas, je le sais bien et je dois juguler la colère qui monte dans ma gorge et crispe mes doigts. Peut-être faudrait-il équilibrer et rosir sa deuxième joue...
Ecoute bien. Dans deux jours, nous allons avoir une visite très spéciale. Quelqu'un d'important vient nous voir pour apprécier nos méthodes et nos résultats. Il faut que tu sois guérie d'ici-là et montrer à cet homme la beauté de ton âme. Un homme tu imagines? Cela n'arrive presque jamais... Bref. Nous allons commencer par tes veines qu'il faut purger de leur poison... Ce ne sera pas long.

La lame est prête déjà, dans la manche de ma gabardine. Dans l'autre main, un linge blanc aux vapeurs de Mandragore. Au cas où, elle ne voudrait pas obtempérer.

La fille blémit soudain et se ratatine contre la porte en bois. Elle fait non de la tête. J'adore. Mais le linge blanc va être nécessaire, elle pourrait bien me mordre, cette chienne...
Alors très vite, je passe derrière elle, lui assène un coup de genou dans la colonne vertébrale, elle gémit dans un souffle. Déjà ma main se plaque sous son nez et je presse, fort, si fort, sentant son corps se relâcher.
Je traîne le corps sur la paillasse, regardant déjà le creux des coudes avec envie.
Ma lame glisse sur la peau blanche du bras, alors que j'entends un oiseau piailler derrière moi. La veine bleue, gonflée, bat faiblement sous la chair. Le coup est rapide, efficace, déjà une perle rouge se transforme en filet sombre. La coupelle trouve sa place sous le coude, j'entends le sang couler, la musique mélodieuse du Mal qui s'échappe...
Je ne peux dévier mon regard du ruisseau vermillon qui dessine des volutes sur le bras de cette fille.
Après ça, tu te sentiras déjà mieux, mon enfant...
Signe de croix, signe de croix, baiser chaste sur mes phalanges blanches...
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Grandpas
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Lun 23 Mar - 0:00

Grandpas arpentait les ruelles, glanant toutes les informations qu'il pouvait au sujet d'Aldara. Mais à chaque fois, la même réponse. Personne n'avait vu Aldara depuis plusieurs jours. Le grand Écossais ne pouvait s'empêcher de trouver ça bizarre. Ce n'était pas le style de sa chère soeur. Elle qui n'hésitait pas à aller à la rencontre des gens. Elle qui aimait discuter. Elle dont la verve était toujours remarquable et faisait toujours mouche.
Bon dieu! Que se passait-il dans ce village? Qu'était-il advenu de sa soeur? Toute ces questions frappaient sans jamais cesser l'esprit d'Aragorn.

Tenant toujours son destrier par la bride, il avançait, à la recherche du moindre indice. Le soleil était déjà bien haut dans le ciel. Ses rayons printaniers réchauffaient les membres endormis par l'hiver rigoureux. Il espérait que ce même soleil arriverait à faire se délier les langues.

Mais c'est pas dieu possible que personne n'ait vu Aldara depuis plusieurs jours sans s'être inquiété, se dit-il tout en approchant d'un groupe de personnes. Un homme à cheval semblait molester des hommes d'église. L'Écossais n'aimait point suffisamment les religieux pour leur venir en aide.

Intrigué, il se décida toutefois à suivre le petit groupe. Il le fit ainsi jusqu'à une petite chapelle qui avait dû être le repère de quelques chevaliers templiers à une époque pas encore si lointaine. Puis le ravisseur finit par sortir, arborant magnifiquement la robe de bure de l'un des deux hommes d'église. L'Écossais, poussé par une certaine curiosité, le pista encore jusqu'à ce qu'il arrive au village. Enfin, au détour d'une ruelle, il lui fit face, son épée tendue dans sa main droite, visant le voleur.


Et bien, mon jeune ami, on s'en prend à des hommes sans défense?
Sont-ce là les manières d'un gentilhomme?
Allons, descend de ton cheval sans faire de mouvement brusque si tu ne veux point goûter de ma lame. Elle est affûtée et pourrait aisément balafrer ton joli petit minois.


Les minutes parurent interminables. L'Écossais ne perdait aucun des mouvement du jeune détrousseur de curés.

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Retraite forcée
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