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 Retraite forcée

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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Lun 23 Mar - 16:44

Par Saint Patrick, je m’aurais bien gardé de cette rencontre. Que faire ?
Vite, trouver une solution. Sortir l’épée, se battre ????....sans être certain de l’occire…, et qui plus est, il m’a l’air bien vaillant.
Mais par tous les diables du couvent, je ne peux quand même pas prendre le risque de perdre le combat, de passer de vie à trépas……comment la Dame Rouge pourrait-elle être sauvée… ???....
Mais que vois-je ???? Ce blason….que je ne connais point. Et de surcroit il porte des armoiries de noblesse…


Noble Seigneur, je ne descendrai point de monture, je vois que vous êtes de sang noble, et aimerai que vous écoutiez mes propos.
Il est un fait que les apparences sont trompeuses, mais ne vous y fiez que nenni.
Si votre noblesse est égale à votre cœur, et que votre lame est aussi vive que votre esprit, vous allez comprendre très vite.
Une jeune dame s’est faite enlevée par une nonne au couvent du village. J’ai pu assisté à son enlèvement, mais malheureusement le temps ne m’a permis de les rejoindre avant de rentrer dans leur repère, si je peux m’exprimer de ce lieu en ces paroles.
J’ai appris, d’une façon opportune que des envoyés papaux arrivaient ce jour icelieu.
Je les ais déroutés de leur chemin, sans les occire, pour prendre leurs places et de ce fait accéder au couvent, en me faisant passer pour l’envoyé. La jeune dame enlevée se prénomme ALDARA. Maintenant, si vous ne croyez pas, je retire ma lame …..et à la Grâce de Dieu.
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Grandpas
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Lun 23 Mar - 17:58

Le jeune chevalier avait de l'aplomb. L'Écossais l'écouta attentivement. Puis le nom frappa, fort, violent, résonnant dans sa tête. Sa chère soeur, Aldara Héléquin, dicte la Rouge, avait donc été enlevée. Par une nonne! Et elle était retenue enfermée dans le couvent du village. Il comprenait mieux pourquoi son faucon était revenu avec son propre message, et ce à deux reprises.
Aragorn regarda le jeune chevalier tout en baissant son épée. Ainsi, il s'apprêtait à secourir Aldara.


Mon seigneur, pardonnez-moi cette méprise. Mais comme vous le dites si justement, les apparences ne plaidaient point en votre faveur.
Laissez-moi me présenter. Je suis Aragorn Mc Callaghan. Je suis effectivement noble. Mais point dans ce pays. Je suis Écossais. Et je suis le frère de coeur d'Aldara, dict la Rouge.


Il marqua un temps d'arrêt tout en s'approchant du jeune homme. Il rangea son épée dans son fourreau avant de reprendre.

Si ma soeur a été enlevée, alors je suis de la partie pour la délivrer. Il est hors de question que je reste sans rien faire. Mon épée est votre pour cette mission, mon seigneur.

Il siffla son cheval qui le rejoignit. Il monta dessus d'un bond et attendit ce que le jeune homme allait lui dire.

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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Mar 24 Mar - 13:57

Avec étonnement et joie Patrickdutuquet s’exclama :

Frère de cœur d’Aldara !

Excusez mon étonnement, Messire. Ma satisfaction est grande de trouver gentilhomme à m’aider dans la quête de la délivrance de Dame Aldara.

Il est honneur pour moi, de recevoir aide de votre épée et j’espère pouvoir en être digne.

Excusez, moi, Noble Seigneur, ma joie de trouver allié me fait perdre toutes civilités, je me présente, Patrickdutuquet, pour vous servir.

Si vous me permettez, et pour ne pas perdre un temps précieux, je vous expose mon plan :

Nous retournons à la chapelle templière prendre la deuxième défroque pour que vous puissiez vous faire passer pour homme d’Eglise et de ce fait mon accompagnateur.
Nous partirons alors voir le curé du village qui doit attendre avec impatience l’arrivée de l’envoyé du Pape, et insisterons pour visiter au plus vite le couvent, afin de déposer les objets dans la cellule de votre sœur, qui permettront, je l’espère, sa fuite.

Allons-y !
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Aldara
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Mar 24 Mar - 22:51

Le sol ondule sous ses épaules, le soleil timide de ce nouveau printemps frappe son front balafré, des ombres dansent sur les murs de la cellule.
Deux paupières serrées tremblent, peinent à s'ouvrir, semblent soudées, lourdes, si lourdes.
Déjà la grimace déforme la bouche fendue, alors qu'une main se porte au bras opposé. La silhouette exsangue semble peser une tonne sur cette paillasse de misère...
Les doigts passent et repassent sur la fine cicatrice rose, nouvelle insulte faite à ce corps qui maigrit à vue d'oeil et dont personne ne voudra plus.
Une larme orpheline s'étire sur la joue blafarde, roule lentement et meurt, au coin des lèvres tremblantes...

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Grandpas
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Mer 25 Mar - 1:43

Granpdas écouta le jeune chevalier se présenter et lui exposer rapidement son plan. Malgré sa jeunesse, il semblait être parfaitement capable de monter un plan parfait pour délivrer Aldara.
Grandpas ne se fit pas prier pour le suivre et ne tarda pas à remonter sur le dos solide de son destrier. Il n'y avait plus de temps à perdre. Ils en avaient perdu bien assez comme ça en palabres. Il fallait maintenant agir. La vie d'Aldara était surement menacée. L'Écossais savait très bien que des illuminés étaient capables de bien des choses au nom de leur dieu.


En route, messire! Nous avons perdu bien assez de temps comme ça. La vie de ma soeur est surement en grand danger à l'heure actuelle.

Les deux hommes reprirent la route de la chapelle, faisant galoper leurs montures sur le chemin sinueux et poussiéreux. Ils ne tardèrent pas à arriver devant l'édifice religieux. Ils descendirent de cheval et s'y engouffrèrent.
Grandpas suivit le messire jusqu'aux prisonniers. Là, l'Écossais fonça sur le moinillon comme un rapace sur sa proie.


Désolé l'abbé, mais j'ai besoin de tes frusques. La vie d'une personne qui m'est très chère en dépendent.

Il retira alors la robe de bure du moine et l'enfila, prenant bien soin de garder son épée en dessous. Il cacha aussi une dague dans chacune de ses bottes. Voilà, il était près. Il regarda le jeune Patrick.

Je suis prêt, messire. Nous pouvons y aller.

Les deux hommes sortirent de la chapelle et montèrent de nouveau sur leurs destriers. Ils reprirent alors la direction du village au grand galop. Il fallait agir très vite. Grandpas était persuadé que la vie d'Aldara était en danger.

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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Jeu 26 Mar - 19:37

Arrivés au village, les deux cavaliers devaient se présenter au curé, qui sans doute, attendait avec anxiété l’arrivée de l’envoyé du Pape.
En effet, au détour d’une ruelle, le presbytère se dressait, et devant la grille, un petit bonhomme trapu, aux joues rosées, attendait.
Le curé s’avança rapidement vers les deux hommes, pour les accueillir avec les honneurs dus aux gens de Rome.
L’heure était déjà bien avancée dans l’après-midi, et les cloches de l’église sonnaient, appelant les paroissiens, à venir assister à l’office qui se situe entre les nones et les complies, et qui se nomme ; les vêpres.
Il fallait jouer le jeu, pour que nos deux braves gentilhommes ne se fassent démasquer.
Leur tâche immédiate était de jouer leur rôle au mieux, et à l’instant présent de prendre les devants pour assister à l’office religieux.
Après avoir assisté, à ce dernier un des notables du village dit :


« Un repas en votre honneur est préparé à la cure, repas préparé, par les sœurs du couvent…. »

Le regard de Grandpas croisa celui de Pdt, ….. et ce regard là, parlait de lui-même.

Pdt ne laissa point finir la phrase du notable et s’empressa :


« Messire, il est de mon devoir, de faire état, de l’avancement des travaux spirituels accomplis justement par les sœurs du couvent.
Il me tarde à rencontrer et visiter ces impies et infidèles qui se détournent de la voie de Dieu. Cela est le but premier de ma visite. Dès lors, pouvons-nous immédiatement aller faire pitance, et ensuite rendre visite.
Ayant déjà pris beaucoup de retard dans le village voisin, il est nécessaire que nous prenons chemin dès la nuit….Rome n’attends pas ! «


Devant tant de charisme et de fermeté, le noble ne pouvait qu’approuver.

Et ce soir là, accompagnés du curé et d’un notable, nos deux compagnons pénètrent dans le couvent
.


Dernière édition par PatrickDuTuquet le Ven 27 Mar - 8:17, édité 1 fois
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Aldara
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 27 Mar - 0:47

L'oisel a attendu que le silence se fasse dans la cellule. Puis, tournant la tête à droite et à gauche, pour permettre à chacun de ses yeux de voir devant, il a sautillé du fenestron au sol, du sol à la paillasse, picorant devant l'oreille de sa maîtresse. Il avait un message et il avait été éduqué pour une seule chose: le remettre, coûte que coûte. Il savait qu'ensuite il aurait récompense.
Aldara fronce les sourcils, aux piaillements aigus qui meurtrissent son tympan. Elle tourne la tête, le sol se dérobe sous son corps, elle a l'impression que son coeur va se liquéfier.
Nouveaux piaillements qui déchirent son sommeil.
Doigts qui cherchent à tâtons, à faire taire le volatile.
Douleur vive dans la chair de la fosse cubitale droite.
Souvenirs qui refont surface.
Sortir. Il faut sortir d'ici. Et l'oiseau va l'aider.

Pli qui se déroule et livre une lueur d'espoir.
Ainsi ce messire va venir ici, prendre ce risque. Pour elle? Pour quoi? Pourquoi?
Les doigts retombent, froissant le précieux message qui va trouver refuge au creux de la main diaphane.
L'estomac, vide depuis des jours, fait mal.
Le pli voyage alors. De la main la bouche. De la bouche à la gorge. De la gorge aux entrailles.
C'est toujours ça. Et puis c'est plus sûr...
Point de pitance pour le piaf, qui s'en retourne, sans message à la patte, ni graine au gosier.

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Grandpas
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 27 Mar - 16:10

Les deux compères de fortune arrivèrent au village. En vue des murs, ils ralentirent le pas de leurs montures. Pour coller vraiment à leurs personnages, ils avaient laisser leurs chevaux racés près de la chapelle et les avaient remplacés par un vieux cheval pour l'envoyé du Pape et une mule pour son accompagnateur. La mule avait grand peine à porter l'Écossais sur son dos. De plus, ses pieds n'étaient vraiment pas loin de toucher terre.

Enfin, ils arrivèrent à l'église. Le jeune chevalier entra rapidement dans le vif du sujet. Et il avait raison. Aldara n'allait surement plus attendre bien longtemps. Il fallait agir vite. Point place aux négociations et aux pitances. Patrick demanda à aller visiter les impies dont s'occupaient les nonnes afin d'apprécier le travail effectué.

Une fois dans la place, il leur serait aisé de délivrer la jeune femme. Grandpas n'hésiterait pas, si besoin se faisait sentir, à renvoyer quelques unes de ces chères brebis égarées auprès de celui qu'elles vénéraient.
Il n'était pas dit qu'on s'en prenne à sa soeur sans en payer le prix.

Après quelques minutes, Patrick du Tuquet et Aragorn Mc Callaghan étaient introduits dans le couvent. Le loups étaient dans la bergerie.

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Alfredine
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Sam 28 Mar - 1:53

Grande agitation en la demeure de mon Seigneur. Ils arrivent. Deux hommes au couvent. Deux envoyés des plus hautes autorités de mon Maître, viennent nous rendre visite. Pour apprécier notre travail. Mes soeurs sont aussi excitées que moi, je le sens bien, il ya comme une effervescence dans l'air.
L'encens embaume les ailes du couvent, les sols giflent le ciel par leurs reflets miroitants, la chapelle rutile comme aux grands jours de prêche. Ca court un peu partout, des petits rires fusant aux coins des cellules.
Les repenties sont prêtes aussi, mais j'ai un doute sur la balafrée. Elle doit se sentir mieux à présent que son sang est purifié, mais... je me méfie d'elle, sa rédemption n'est pas achevée. Elle pourrait poser problème au moment de la visite, dire qu'on la maltraite alors qu'on ne veut que son bien. Peut-être écourterais-je la visite des envoyés ou bien encore les emmènerais-je voir plutôt Gervaise, qui s'est si bien acclimatée.
Pas le temps de réfléchir davantage, on toque à la lourde porte du monastère.
Signe de croix, signe de croix, baiser chaste sur mes phalanges blanches.

Je tire le petit loquet du judas et aperçois deux hommes encapuchonnés, accompagnés de leurs ... montures.
La grosse clé à mon ceinturon tourne dans la serrure, alors que mon coeur bat plus fort.
Messieurs bonjour. Soyez les bienvenus en notre couvent, que Dieu protège et bénit. Je suis Alfredine, et je vais vous faire visite de ce lieu dont nous sommes si fières. Les hautes instances qui vous envoient ne pourront qu'admirer la qualité de notre dévotion et l'éclat de nos résultats.

Je m'efface pour les laisser passer, faisant signe à Agnès de s'occuper des bêtes.
Venez tout d'abord voir notre chapelle, que nous avons entièrement restaurée, après une terrible tempête qui nous arracha le toit...
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Aurèle
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Mer 1 Avr - 21:29

J’comprends pas c’qui s’passe. La Patronne, elle est pas rentrée la nuit dernière. Pourtant j’lai attendue, pis j’lai guettée. J’sais bien qu’elle va pas bien, mais elle le dira pas. Depuis qu’L’Ombre a disparu, elle est toute fade, La Patronne. Elle a perdu sa couleur Rouge. Moi, ça m’va bien qui soye parti l’Homme si grand qu’il fait froid dans son ombre. Il m’faisait peur, avec ses cheveux de corbeaux et ses yeux sans fond.
C’est pas comme Grand, qui m’apprend à lire et à écrire. Avec lui, j’ai pas peur. Maint’nant, j’me débrouille rud’ment bien. J’sais t’nir ma plume bien penchée en arrière pour qu’les p’tites vagues noires, elles soyent toutes pareilles, comme des p’tites barques qui s’tiennent par la ficelle.
En tout cas, ça m’inquiète qu’La Patronne soye pas rentrée, encore. La maison, elle est trop grande quand elle est pas là. Ca résonne jusque dans ma poitrine, tell’ment qu’c’est vide.
P’tet qu’il lui est arrivé malheur à La Patronne ! P’tet qu’elle s’est blessée au potager, pis qu’son sang s’est mis à couler, pis qu’la terre, elle a tout avalé ! P’tet qu’elle a croisé un vilain qu’en voulait à ses sous, pis qu’il l’a tuée parce qu’elle avait pas assez ! P’tet qu’elle a trouvé un autre Aurèle !!!
Faut que j’fasse quelqu’ chose… J’peux pas attendre là, dans mes chaussures trop grandes pour moi, mon nez qui coule et mes boucles rousses qui battent sur mes zoreilles.
J’vais écrire à Grand, lui il saura quoi faire.
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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Mer 1 Avr - 21:45

Nous y étions.
Promenés d’abord dans des salles luxuriantes de tapisseries, les murs drapés d’étoffes aux couleurs cardinales, des vitraux gigantesques filtrant le flux lumineux de la lune, des candélabres portant de majestueuses bougies ; tout cela aurait pu nous faire imaginer la quiétude, la sagesse et la grâce de ce sanctuaire saint.
Ce sentiment fut bien éphémère.
L’ouverture d’une porte cachée derrière ces draperies, jeta l’émoi sur Aragorn et Patrick.
Il était déjà loin, l’attrait de la magnifiscence des lieux traversés,…..des odeurs de basse fosse, d’humidité, d’huile brulée, d’encens se mélangeaient pour en faire une décoction pire que nauséabonde, ……la seule torche allumée, dont la flamme était vacillante, faisait refléter des ombres chimériques sur les murs de pierre.
Toutes les portes dans ce boyau étaient fermées avec des serrures telles que l’on trouve dans les prisons construites pour les pires criminels.
Et derrière chacune de ces portes, des gémissements, des plaintes, des râles se faisaient entendre.
Aragorn et Patrick avaient déjà visité quelques cellules au hasard, et le ton blême qui se collait sur leurs visages pouvait en dire long.
Alfredine n’arrêtais pas de commenter et de louanger le travail effectué avec tant de soins, disait-elle…..pour notre Maître.
Il est vrai que nos deux compagnons ne pouvaient que louanger les bourreaux de leur tâche, alors que leurs âmes au plus profond d’elles mêmes leurs disaient de les occire.
Arrivés devant la cellule 4, PatrickduTuquet fit un signe de tête à Aragorn.
C’était là, que Dame Aldara était séquestrée.
On leur ouvrit la porte, comme cela avait été fait pour les autres cellules, pour qu’ils puissent jauger sur l’avancement de la purification.
La porte se referma derrière eux……
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Grandpas
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Jeu 2 Avr - 1:43

Enfin ils étaient dans le lieu même des crimes. Une nonne vint les accueillir et entreprit de leur faire visiter le couvent. Elle leur proposa de commencer par le coeur même de la chapelle. Ils y virent de riches atours, des tentures dont la seule vente aurait permis de donner à manger à des centaines de pauvres du village. L'Écossais échangea un regard avec son compagnon et il comprit rapidement qu'ils pensaient la même chose.

Puis on les fit passer derrière une draperie et l'impression rencontrée plus tôt laissa place à un sentiment de malaise. L'odeur nauséabonde de senteurs s'entrechoquant et les plaintes qui sortaient des cachots donnèrent un haut le coeur aux deux amis. Mais ils se reprirent rapidement. Ils ne devaient rien laisser paraître avant d'être sortis d'ici avec Aldara. Ils visitèrent plusieurs cellules et n'en crurent pas leurs yeux. Les jeunes femmes avaient été saignées et la nourriture qu'on devait leur servir ne devait pas leur apporter suffisamment de forces. Il fallait mettre fin aux agissement de ces nonnes. Aucun dieu ne peut réclamer qu'on traite ainsi des être humains.

Enfin, on leur ouvrit une cellule. Grandpas reconnut sa soeur au premier coup d'oeil. Bon sang! Mais qu'ont-ils fait de toi, ma chère soeur? se dit-il à lui-même. Puis la porte se referma derrière eux. Grandpas se retourna et constata qu'ils étaient enfermés avec la nonne. Il serait aisé de la mettre à la place d'Aldara. En revanche, il serait plus difficile de faire passer Aldara pour la nonne.

Sa soeur, qu'il n'avait pas vu depuis de longs mois, n'était plus que l'ombre d'elle-même. Son coeur se serra alors qu'il attendait le signe de Patrick. Il se décida à s'attacher la confiance de la nonne.


Et bien, je vois que votre congrégation fait un travail formidable sur ces impies.
Je suis certain que Mon Seigneur parlera en d'excellents termes de vous à notre très Saint Père.
Mais les purifier ne veut point dire les laisser moribondes.
Il faut que vous les remettiez sur pieds au plus vite.
Je ne crois pas que notre très Saint Père voit d'un très bon oeil l'état dans lequel elles se trouvent.


Ses longues années d'armée et d'espionnage lui avaient appris à pouvoir amadouer n'importe qui. Et en brossant la nonne dans le sens du poil, il était quasiment persuadé de la faire baisser sa garde. Il ne restait plus qu'à attendre le moment propice pour faire l'échange.

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Alfredine
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Jeu 2 Avr - 17:08

Ils ont les yeux qui brillent, à la vue de tout notre travail. Je sens leur admiration. Le Saint Père sera content. Peut-être même serons-nous convoquées à Rome, que notre mission en inspirera d'autres. Et peut-être serai-je celle qu'on enverra en la sainte cité pour expliquer, montrer. Laquelle de nos impies emmènerai-je?...
Seigneur, pardon pour ce péché d'orgueil.
Signe de croix, signe de croix, baiser chaste sur mes phalanges blanches.

Alors que nous arrivons devant la cellule numéro IV, l'un des deux hommes me complimente sur notre travail. L'autre semble un peu nerveux, il jette parfois des regards noirs derrière lui, serre les poings, balançant d'une jambe sur l'autre. Je fais oui de la tête au plus grand des deux.
Puis les reproches fusent.
"Moribonde", "remettre sur pied", "l'état dans lequel elles se trouvent"...
Je serre les poings, je serre les dents.

Mon Père, l'état dans lequel elles se trouvent, comme vous dites, n'est point de notre fait. Elles souillent leur corps et leur âme de leurs ignominies. Qui ondule son corps nu dans les lits du Royaume, comme un serpent perfide et venimeux, répandant maladies et souillures. Qui annihile le travail du Très Haut, en charcutant les entrailles de drôlesses au ventre lourd. Qui empoisonne ses veines de liquides diaboliques, au point de perdre la tête et de vomir son âme par sa bouche déformée par le Mal... (rapide hochement de menton, en direction de la forme immobile sur la paillasse) Comme cette chienne, là. Je l'ai tirée du caniveau il y a quelques jours, ivre morte, titubant sur le pavé, incapable même de savoir où donc elle logeait. Qui donc l'a mise dans cet état, croyez-vous? Moi? Ou bien elle-même?...

Je m'approche de la couche où la fille reste inerte, les yeux clos, la peau presque bleue. J'attrape son bras et montre aux deux hommes, la fine césure, qui permit l'expulsion du Mal.

Voilà, messieurs, voilà ce que moi je lui ai fait. J'ai purifié son sang, j'ai expurgé le démon, j'ai rendu sa dignité à cette créature de Dieu.

En souriant, je caresse ses cheveux qui ternissent à vue d'oeil. Ils me semblaient plus brillants tantôt, plus lourds aussi, plus beaux. Mes doigts glissent sur l'onde noire, mes yeux se perdent dans les paupières closes qui tremblent à peine. Son cou offert présente une jugulaire qui tambourine faiblement. Je voudrais l'embrasser, je voudrais l'aspirer, je voudrais la mordre...
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Lily-Jane

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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Jeu 9 Avr - 0:53

Pendant ce temps là, en Toulouse....


Il y avait une semaine de cela, Lily avait envoyé une missive à Aldara... Elle repensait souvent à elle, celle qu'elle appelait son double. Elle se souvenait de cette complicité qui les avait liée dès leur première rencontre.
En peu de jours, pour ne pas dire heures, la jeune femme avait vite admiré celle qu'on appelait la rouge. Son courage, sa façon de parler, sa franchise, elle riait de ses blagues et lui rendait volontier ses taquineries.
Aldara...
Et elle était partie. Si vite... Depuis ce temps Lily pensait souvent à elle. Il lui manquait quelque chose... Une partie d'elle...
Les pigeons avaient alors voyagés souvent entre les deux femmes, régulièrement, puis un peu moins, pour finir par s'arreter...

Mais un matin Lily se réveilla et pensa immédiatement à elle... Un papillon s'était posé sur le rebord de sa fenêtre.... Le surnom qu'elle lui donné...

Elle s'empressa alors de lui ecrire, et les jours qui passèrent elle attendit sa réponse...

Celle ci arriva ... Mais ce n'était pas ce à quoi Lily s'attendait.... Son pigeon lui était revenu avec sa lettre...

Une angoisse s'insinua en elle, provoquant un frisson le long de sa colonne vertébrale.
Ce n'était pas possible. Son pigeon savait où se trouvait Aldara. Il se passait quelque chose de pas normal.

Elle se trouvait alors en taverne en compagnie de sa soeur Malou et de Valou.

Celles ci voyant Lily devenir encore plus blanche qu'elle ne l'était déjà la regardèrent d'un air inquiet.

Lily les regarda et dit d'une voix étrangement calme, un regard déterminé...

"Aldara est en danger."
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Grandpas
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Mer 15 Avr - 16:42

"Purifié son sang"! L'Écossais n'en crut pas ses oreilles! Comme si sa chère soeur avait un sang impur!
Le regard de Grandpas changea. Ses deux émeraudes se foncèrent. Les paroles de la nonne résonnèrent un long moment dans sa tête. "Purifié son sang", "Purifié son sang"... Cette nonne avait saigné Aldara comme on saigne un cochon. Il passa derrière la nonne et écouta s'il y avait du passage dans le couloir. Le silence était de mise.

Il se plaça alors dans le dos de la nonne, et en un éclair, il se saisit d'elle, posant une de ses grandes mains pour qu'elle évite de hurler. Il la tint fermement serrée et l'empêcha de bouger. Rapidement, il attrapa la dague qui était dans sa botte et la pointa dans le flanc de la religieuse. Puis il approcha sa bouche de ses lèvres et lui chuchota.


Écoute moi bien, suppôt du Sans Nom, tu vas être bien gentille. Au moindre geste suspect de ta part, je n'hésiterai pas à t'égorger comme la truie que tu es!

Puis Aragorn regarda Patrick. Celui-ci restait inexorablement passif. Ils n'avaient pas toute la journée pour opérer. Il fallait qu'il se réveille un peu.

Patrick, on va mettre la nonne à la place d'Aldara. Il va falloir que vous m'aidiez. Je n'y arriverai pas tout seul. Il faut leur faire changer de vêtements. On va bâillonner la nonne et l'attacher solidement. Et on sortira avec Aldara.

Mais il prit conscience que sa chère soeur n'aurait surement pas la force de marcher seule. Ils devraient surement la soutenir. Ce qui ne manquerait pas d'alerter toute personne qu'ils croiseraient.

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Alfredine
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Ven 17 Avr - 14:57

En un éclair, le colosse est dans mon dos. Il a saisi mon poignet qu'il tord avec fermeté. Pas même le temps de gémir que déjà une gigantesque paluche se colle sur ma bouche. Un homme me touche...
Seigneur... Pardonnez-moi...
Signe de croix mental, paupières blanches qui se ferment.

Écoute moi bien, suppôt du Sans Nom, tu vas être bien gentille. Au moindre geste suspect de ta part, je n'hésiterai pas à t'égorger comme la truie que tu es!
dit le géant.

Regard rapide à l'autre, qui doit être dans le coup. Il ne bouge pas, il ne peut détacher ses yeux de la forme sur la paillasse, les bras ballants et la bouche entr'ouverte. Pourquoi la regarde-t-il ainsi?... Serait-il...?

Le colosse lui parle, mais l'autre semble sourd.
Aveugle.
Muet.
Inerte.
Je crains pourtant de ne pas faire le poids face au géant.
A moins que... Le morceau de lune, dans ma manche, si je parvenais à m'en saisir, peut-être que...
Je sens la lame contre ma hanche, contact froid et acéré, qui marque le seuil entre vie et trépas.
Pardon Seigneur...
Signe de croix mental, paupières blanches qui se ferment à nouveau.

Mon souffle n'est pas court, mon coeur ne s'emballe pas, mon corps ne tremble pas. Je n'ai pas peur. Pas peur de lui, ni de la Mort. Pas peur non plus de Son jugement. Puisque je n'ai jamais agi que pour Lui.
Il est temps...

D'un geste bref, je bascule sur le côté, sentant la lame qui déchire ma peau. Léger gémissement. Paupières blanches qui se crispent. Prunelles sombres qui s'élargissent.

Il n'a pas le temps de retirer son arme que déjà je fléchis les genoux, permettant à la lame de poursuivre son chemin jusqu'à mes côtes. La chaleur coule contre ma gabardine, le sol déjà glisse sous mes pieds, la tête me tourne et la vie me quitte.
Mon corps se fait lourd, comme celui de la putain l'autre nuit, quand je la trainais jusqu'à la charrette. Le colosse me lâche enfin, voilà que lui aussi a les bras ballants et la bouche entr'ouverte.
Les doigts cherchent la faille, sur le flanc, comme Ton fils, Seigneur, mortellement blessé sur la croix. C'est chaud, ça colle et ça sent bon.

Signe de croix, signe de croix, baiser chaste sur mes phalanges rouges...
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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Dim 19 Avr - 18:31

Pendant un temps interminable Patrick du Tuquet resta figé.
Les images et les paroles de cette Dame,….. Dame Aldara….Dame Aldara….Dame Aldara…..si proches à sa mémoire, et déjà si précieuses, s’entrechoquaient maintenant dans sa tête.
Cette femme qui en si peu de mots avait pu lui faire comprendre beaucoup de choses et faire aimer quelque chose qu’il ne comprenait pas…..et pourtant…..

Elle était là, gisant inerte sur cette paillasse maculée de taches vermeilles,……du sang encore humide….
La robe de bure, trop grande pour elle, ne laissant apercevoir que ses avants bras sur un desquels une légère césure au coude accréditait la torture physique subie.
Cela faisait lumière à la vue de la lividité de ce petit être.

Tandis que la nonne Alfredine, se vantait de ses actes purificateurs, glorifiant son Maître d’avoir guider son âme et sa main, espérait le contentement des deux envoyés et par leur entremise la récompense de Rome.

La potion emportée ne suffirait pas à rendre à Dame Aldara la force voulue pour se servir de la petite dague afin de se libérer.

Patrick du Tuquet avait bien entendu Aragorn lui parler, il venait aussi d’entendre le gémissement lancé par la nonne.
Il avait compris.
Il s’avanca vers la couche, dans l'intention d'essayer de réveiller Dame Aldara.
Sa main approchait près du corps de celle-ci, pour aller effleurer délicatement son visage.....


Dernière édition par PatrickDuTuquet le Mer 22 Avr - 0:02, édité 1 fois
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Aldara
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Mar 21 Avr - 22:40

Des brumes et des bruits. Rien de net, juste des ombres et des échos.
Puis soudain quelque chose de chaud contre sa joue. Un contact presque oublié, qui portant fait tressaillir son âme.
Les yeux s'ouvrent brusquement, la main se saisit de la masse tiède et douce. Aldara ne sait pas où elle est, ni pourquoi, ni avec qui... Tout ce qu'elle sait c'est qu'on la touche et que c'est un homme. Et ça, ça n'est plus acceptable. D'ailleurs, est-ce que ça l'a jamais été?...
Gémissement quand le bras se plie. Pourquoi donc cette douleur?...
Deux masses sombres près d'elle, debout, une autre plus loin, ramassée sur le sol. Des odeurs qu'elle reconnait.
Celle d'un frère, perdu.
Celle plus neuve d'un homme qu'elle pense avoir rencontré il y a peu. Son nom... Impossible de s'en souvenir. Jai Ho... Seulement ça dans son esprit.
Et puis celle qui recouvre les autres, celle du sang, l'odeur qu'elle connait le mieux sans doute.
Son sang? Peut-être, mais pas sûr.
Ainsi donc elle se trouve quelque part, où du sang a coulé et un homme la touche.
Ses sens n'ont pas besoin de plus.
La main se porte à la hanche et ne trouve que le vide. Comment se défendre?... Comme elle le fit, jadis...
Elle rassemble ses forces, tout ce qu'elle a, et plante avec conviction la quasi-totalité de sa dentition dans la chair tendre qui se présente à sa bouche. Déjà le goût du sang chatouille ses papilles...

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Grandpas
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Mer 22 Avr - 18:18

La nonne ne poserait plus de difficulté. Son séjour sur la terre des hommes s'était achevé sans gloire comme son pauvre sa vie l'avait été toutes ces années à servir un dieu soit-disant miséricordieux. Et maintenant, le plus important était de faire sortir Aldara de cet endroit de souffrances.
Patrick s'était approché pour tenter de la réveiller. Mais comme l'Écossais s'en doutait, la Rouge ne tarda pas à réagir en sentant la main du jeune chevalier se poser sur sa peau. La morsure fut terrible même si l'état de la jeune femme était plus que fébrile. Grandpas s'approcha alors de sa soeur et lui parla calmement. Il lui parla comme cette fois où elle avait failli se noyer.


Aldara, je suis là. C'est moi, ton frère, Aragorn. Calme-toi, je t'en prie et laisse toi faire. Nous devons te sortir d'ici. Il en va de ta vie.

Il prit alors la main de sa soeur dans la sienne et la serra avec toute l'affection qu'il avait pour elle. Il espérait que ce contact lui ferait prendre conscience de la réalité. Il souhaitait qu'elle se souviendrait de ce qu'il avait déjà fait pour elle et qu'ainsi, elle se laisserait faire.
Il resta un moment près de sa soeur alors que le jeune Patrick regardait la gravité de la morsure causée par la Rouge. Il avait mal pour lui. Mais l'heure n'était pas aux sentiments. Il ne fallait plus traîner trop dans cette cellule et moins encore dans ce maudit couvent. Grandpas tint alors Aldara contre lui, évitant de lui offrir la moindre parcelle de peau à mordre, et regarda le Chevalier.


Patrick, on pansera votre blessure plus tard. Pour l'heure, retirez la robe de bure de la nonne et passez-la à Aldara. Il nous faire vite! Allons, du nerf que diable! Secouez-vous mon ami! Sinon, c'est tous trois que nous resterons ici.

Bref instant de silence, regard vers la soeur retrouvée, puis il ajouta, toujours en direction de Du Tuquet.

Patrick, une chose encore. Quand Aldara reviendra à elle, jamais elle ne doit apprendre que je suis venu vous aider. Jamais elle ne doit savoir que j'étais présent. Il faut que vous me fassiez cette promesse si, comme je le pense, vous êtes un homme d'honneur.

Aragorn baissa la tête. Il devait rester perdu pour sa soeur. Même si cela lui déchirait le coeur, jamais elle ne devait apprendre qu'il était venu à son secours. C'était mieux ainsi, sans doute.
Une fois en sureté et à l'abri de ces gens, il disparaîtrait comme il était venu. Il disparaîtrait définitivement.

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Seigneur de Drummore, Baron du Connemara, Comte de Galloway
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PatrickDuTuquet
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Mer 22 Avr - 23:50

Maitrisant le hurlement de souffrance qu’avait engendré la pénétration de toutes les dents dans la chair de la main de Patrick du Tuquet, celui-ci n’avait aucune autre alternative pour ne pas donner le moindre éveil singulier dans le couvent.
Alors que maintenant, sa main, de souffrance intense était passée à l’état indolore et avant de replonger dans un mal insupportable, dit à Dame Aldara :

Gente Dame, pouvez vous, de grâce, lâcher l’emprise de votre mâchoire ?
Regardez moi, souvenez vous, je suis Patrick du Tuquet, je suis là vous vous délivrer de votre cauchemar, pour vous aider à fuir ce lieu.

Tout en lui parlant, il tenait la tête de Dame Aldara dans son autre main et lui réitérait son message de délivrance. Mais la Dame avait grand peine à comprendre.

Maintenant, de grâce, désserrer l’étau de votre mâchoire

Patrick du Tuquet avait pu observer son front sur lequel le pendentif n' était plus.
Une marque, qui ressemble à des chiffres romains était gravée dans la chair.
Et sur sa bouche, un trait vertical fendait celle-ci.
Patrick du Tuquet aurait pu la trouver moins jolie, mais il n’en était rien.

Aragorn essayait de faire prendre connaissance de la réalité à sa sœur, sans vraiment y parvenir.

Oui, il fallait passer la robe de la nonne sur Dame Aldara.
Oui, il ne fallait plus trainer.
Aragorn avait raison.


Oui Seigneur Callaghan, je suis un homme d’honneur, et vous fais la promesse de garder secret sur l’aide que vous avez apportée pour la délivrance de votre sœur.
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Aldara
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MessageSujet: Re: Retraite forcée   Jeu 23 Avr - 22:53

Des voix déchirent le silence. Des voix qu'elle connait, qu'elle n'oubliera jamais, qui font mal pourtant. Une surtout.
Assurément, elle délire. Aucune chance que son frère soit ici, trop occupé qu'il est sans doute à s'amouracher ou bien encore à peupler le royaume de nouveaux marmots...
Le sang dans sa bouche la revigore, pourquoi donc aime-t-elle tant ce gout? Et dire qu'elle vient d'entamer des études de médecine...

Une voix lui parle, lui demande de lâcher prise, dans cette chair tendre et un peu salée.
Peu à peu, sa mémoire lui revient. Une soirée bien arrosée avec un chevalier mi-esclavagiste mi-courtisan. Son ombre qui titube sur le pavé sancerrois. Une forme sombre qui lui parle, puis lui plaque un morceau de lune sur la bouche. Une cellule, une tunique qui écorche sa peau. La forme qui la touche, malsaine, et qui la saigne, comme une truie. Le trou noir qui l'avale pour une durée indéterminée. La volonté de sortir de là, qui ne l'a pas quittée...
La voix connue résonne dans sa tête:
Patrick, on pansera votre blessure plus tard. Pour l'heure, retirez la robe de bure de la nonne et passez-la à Aldara...

Les derniers mots finissent de la réveiller. Les yeux encore embrumés, elle ne perçoit que des silhouettes. L'une d'elle est armée, elle perçoit le reflet de la lame.
Il faut faire vite et elle fait très vite.
Lestement, elle se jette sur l'éclat de lumière, se saisit de la petite dague par la lame, entaille sa paume avant de maculer le pommeau de quelques fines gouttes de sang.
Pointant l'arme devant elle, un peu à l'aveuglette, elle marmonne entre ses dents:
Le premier qui me touche ira saluer Le Sans Nom de ma part...

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