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Aurèle
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MessageSujet: Lettres   Dim 19 Avr - 22:28

Grand m'a pas répondu, j'peux plus attendre. Faut qu'j'aille trouver La Patronne. J'file dans ma chambre, j'enfile ma grosse veste en laine, ensuite j'vais dans la cuisine pis j'bourre mes poches de pain. On sait jamais combien d'temps ça va durer, c'tt histoire là.

J'cours dans l'couloir quand j'entends taper à la porte. Je stoppe net, le coeur qui tambourine dans ma poitrine. Si ça toque, c'est qu'c'est pas La Patronne. P'tet que c'est un messager qui vient annoncer qu'elle est morte!!!
Cette idée-là, ça fait claquer mes dents dans ma bouche. J'm'avance vers la porte, les poings bien serrés, prêt à cogner la vérité.
J'pose ma main sur la poignée, j'la tourne tout doucement, pour pas effrayer mes espérances.

Quand j'ouvre la porte, y'a un garçon derrière, sa casquette à la main, qui tourne entre ses doigts. Il a des taches de rousseur, comme moi, il a l'air d'avoir une tête de plus que moi. On est là, tous les deux, à s'regarder, bêtes, sans savoir lequel des deux doit casser le silence.
Final'ment, il racle sa gorge, sa casque qui tourne toujours dans sa main.
Euh... Bonjour. J'ai un pli pour Dame Hélequin, elle habite bien ici?...

J'peux pas répondre, tellement j'suis content. Si y'a un pli pour La Patronne, c'est pas pour annoncer qu'elle est morte! J'pourrais lui sauter au cou, au garçon!
Au bout d'un moment, vu qu'les mots ils veulent pas sortir de ma bouche, j'fais juste oui avec ma tête.
J'finis par soupirer, en passant mes doigts dans mes ch'veux, souriant, pis riant final'ment.
Mais l'garçon, il sourit pas. Il a même l'air très gêné d'me voir rire autant.
Moi, ça m'fait rire encore plus, alors j'claque mes cuisses avec mes mains, les larmes qui viennent brouiller mes zyeux clairs.
L'autre se râcle encore la gorge.
Euh... Je sais pas ce que j'ai dit de drôle mais... j'ai une triste nouvelle pour Dame Hélequin, alors si je pouvais lui remettre mon pli...

J'essuie mes zyeux et j'me redresse. J'lui tend la main, en remuant les doigts, pour qu'il comprenne qu'il a qu'à me l'remettre son pli.

L'autre hésite un peu, r'garde derrière lui, pis fouille dans sa poche. Il m'donne un rouleau... retenu par un ruban noir.
Et là tout net, j'ai plus envie d'rire...
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Aurèle
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MessageSujet: Re: Lettres   Mar 21 Avr - 23:41

J'suis là, tout couillon, avec le parchemin roulé dans ma main. j'ose pas toucher, l'ruban noir, comme si il allait déteindre sur ma peau. L'garçon est r'parti, en haussant les zépaules, d'un air de dire qu'on est tous fous dans c'tte baraque.
J'referme la porte, tout doucement, pour pas effrayer ... j'sais même pas c'que j'veux pas effrayer.
J'réfléchis où j'vais l'poser, l'maudit rouleau. P'tet dans la chambre d'La Patronne. Alors j'cours vers l'escalier, le rouleau posé en équilibre dans ma paume, mais j'ferme pas les doigts d'ssus, j'veux pas toucher l'ruban noir.
J'commence à cogner mes sabots contre l'bois quand on tape à nouveau... J'm'arrête tout net, pis j'fronce les sourcils. Si ça tape, c'est encore pas La Patronne...
J'fais d'mi-tour, en restant tout bien droit pour pas faire tomber l'rouleau.
J'tourne la poignée, douc'ment, toujours...
Derrière la porte, y'a... un moine!!
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MessageSujet: Re: Lettres   Mer 6 Mai - 9:42

Epuisée. Amaigrie. Encore abasourdie par les derniers jours.
La Rouge revient à Saint Aignan...
Elle sera en sécurité ici, c'est certain.

Lorsqu'elle entre dans la ville, serrant son bras meurtri, elle est accompagnée de cet étrange chevalier, portant oisel à l'épaule. Ce Jai Ho, qu'elle lui avait offert, peinée de le voir sans messager.
Patrick Du Tuquet n'avait pas posé de questions en sortant du couvent. Il avait regardé la jeune femme marcher vers l'Ouest, d'un pas saccadé, irréfléchi. Il n'avait pas été question de la laisser partir seule.

Deux jours plus tard, ils entraient, ensemble, entre les murs de la cité saintagnainaise, cette ville qui avait adopté Aldara sans la moindre hésitation, qui lui avait fait rencontré l'amour, l'avait mariée, lui avait permis de faire ses premières armes à la mairie.
Jo, Loubette, Ysandre, Hugo, Lorenzo, Sand, Jos, et tous les uatres, qu'elle n'avait jamais oubliés...

La petite ville n'avait pas beaucoup changé. Peu de champs en jachère, un panneau de mairie noir d'annonces plus alléchantes les uns que les autres, des haches à profusion dans la petite cabane de la forêt de chênes, des tavernes pleines à craquer et surtout, une bonhommie et un accueil unique dans le royaume...

Elle avait pleuré, passées les craintes d'être arrêtée. Pleuré, pleuré, toute l'eau de son pauvre corps sec. Sec en dedans, surtout.

Elle avait dormi dans un champ, qu'elle pensait avoir acheté, soucieuse de dormir à l'air libre. Patrick lui, avait séjourné chez Jos, préférant sans doute la couche confortable d'une taverne, après ces nuits à courir et se cacher.

Une fois le soleil levé, elle n'avait eu qu'une idée en tête... Ecrire à Aurèle...

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MessageSujet: Re: Lettres   Mer 6 Mai - 9:43

Elle en avait froissé quelques uns des parchemins, avant de trouver les bonnes formules. Comment dire sans dire? Comment rassurer le garçonnet qui était peut-être inquiet? Avait-il su se débrouiller? Manger à sa faim, se protéger d'éventuelles racailles qui auraient repérer la Rouge Maison vide?
Il fallait qu'elle lui dise qu'elle était en vie et que bientôt, ils seraient réunis. Oui mais... elle ne pouvait pas lui dire cela ainsi. Ce gosse... Elle refusait de le reconnaitre mais, grand dieu qu'elle l'aimait!
Finalement, elle humecta sa plume du bout de la langue, poussa un grand soupir, faisant tourner la petite membrane entre ses doigts.



Citation :
Tr... Hum, rature, Cher Aurèle,
J'espère que tu vas bien et que tu t'occupes bien de la maison. Je te fais confiance pour la gestion des provisions et espère que tu n'auras pas pillé le garde-manger!
Je suis à Saint Aignan où j'ai décidé de m'installer. Des hommes vont venir de ma part, ils vont démonter la maison, charger des charettes et tout emporter ici. Tu les accompagneras et les aideras. Fais attention qu'ils ne cassent rien! Et ne t'avise pas de te sauver, j'ai encore besoin de toi!
Il est évident que tu ne dois pas t'inquiéter pour moi, je sais m'occuper de moi et compte que tu es toi aussi assez grand pour te gérer tout seul.

A bientot, donc

Aldara Hélequin, Dame Rouge


Claquement de langue pour appeler l'oisel, doigts fébriles qui roulent le parchemin. Le messager est parti...

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MessageSujet: Re: Lettres   Mer 6 Mai - 9:44

Un moine:
Le garçonnet me regarde comme si j'étais une créature de conte de fées. Une grenouille parlante ou une licorne, ou je ne sais quoi encore.
Dans la main droite ou plutôt SUR sa main droite, il y a un rouleau de parchemin enserré d'un ruban mortuaire. Aie... Je ne suis donc pas le seul à avoir apporté une mauvaise nouvelle...
Bonjour mon garçon, je suis le frère Anthelme, du monastère de Saint Eustache. Je cherche une certaine Dame Rouge, habite-t-elle ici?

Le garçonnet hoche le menton plusieurs fois, faisant tressauter le rouleau sur sa main droite. Il y jette d'ailleurs un regard inquiet. S'il craint qu'il tombe, il n'a qu'à refermer ses doigts dessus!

Je toussote dans mon poing fermé, espérant que l'enfant comprenne qu'il faut qu'il aille quérir cette Dame Rouge. Mais non, il reste planté là, sans rien dire, me fixant la bouche ouverte.

Jeune homme, pourrais-t...

Je n'ai pas le temps de finir qu'un pigeon vient se poser sur ma tête!

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MessageSujet: Re: Lettres   Mer 6 Mai - 14:49

Il a l'air un peu niais, l'moine devant la porte, avec ses sandalettes et sa capuche trop p'tite. I'r'ssemble un peu à un crapaud d'une histoire que m'racontait La Mère pour m'endormir. Mais en plus niais. 'Fin bref.
Apparemment, il voudrait qu'j'aille chercher La Patronne, sauf que La Patronne, elle est pas là, à croire qu'y a qu'moi qui suis au courant.

Pis d'un coup, j'le vois qui arrive, à toute vitesse, par derrière. Le pigeon plane un peu, il veut entrer dans la maison mais y a l'grand moine devant qui l'gêne. Alors il envoie les pattes en avant, comme pour freiner dans l'air. Il vient finir sa course sur la caboche du bonzhomme, hihi.
Mais, mais mais!!! Cré vin dieu, c'est l'oiseau d'La Patronne!!!! J'gesticule dans tous les sens pour attraper l'pigeon, le rouleau noir toujours en équilibre sur ma main. I va finir par tomber si ça continue!! Mais j'veux attraper c'piaf! Et l'aut' cornichon qui reste planté là, les zyeux en l'air, comme pour voir l'oiseau posé sur son crâne...
Mon coeur fait le tambour dans ma poitrine, j'voudrais tellement savoir...

L'osieau me r'garde en penchant la tête à droite, pis à gauche, pour bien m'voir avec ses deux zyeux qui clignotent. Il ouvre ses ailes! Il va r'partir!!!
Nooooooooooooooooon!!
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MessageSujet: Re: Lettres   Mer 6 Mai - 14:51

L'oisel avait fini par se poser où il avait pu, à savoir sur le crane du religieux. Piste d'atterrissage bien étroite mais qui avait paru suffisante.
Oui mais l'oiseau avait une mission. Et qui disait mission disait récompense.
Après avoir observé le plus petit des deux humains, il l'avait reconnu. C'était le garçon de maison de sa propriétaire. Celui à qui il devait remettre son message.
Déploiement d'ailes maladroit, petit saut et hop! Le voilà sur l'épaule du garçon, présentant sa patte lourde de mots.
L'enfant avait d'abord retenu son souffle, craignant que l'oiseau ne reparte. Puis, un large sourire sur le visage, il avait délesté le messager, d'une seule main, l'autre encombrée d'un rouleau funeste.
Froncement de sourcils du petit d'homme qui tente de déchiffrer les boucles noires de La Rouge. Langue tirée par la concentration. Traits qui se détendent et larme qui coule.
Une seule.
Mais lourde.

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MessageSujet: Re: Lettres   Mer 6 Mai - 14:53

L'piaf a fini par atterrir sur mon épaule, comme si qu'j'étais son maître. L'moine nous r'garde tous les deux, les bras croisés, attendant toujours qu'j'aille chercher La Patronne.
Mon coeur tambourine dans ma poitrine alors qu'j'détache le p'tit papier à la patte de l'oiseau. En plus, j'dois faire ça d'une seule main, j'ai toujours le vilain rouleau dans l'aut' main et vu qu'y a un ruban noir autour, ça s'f''rait pas d'le poser par terre.
A peine j'déroule le papier que j'reconnais les grandes vagues d'La Patronne. Ca s'brouille un peu d'vant mes zyeux, faut que j'me concentre pour reconnaitre les lettres.
"Aurèle"... C'est à moi qu'elle écrit!
"Confiance"... "Saint Aignan"... "besoin de toi"... "bientot"... " "Dame Rouge"...
...
...
...
J'ai froid aux joues d'un coup, j'sens une goutte chaude pourtant.
J'r'garde l'moine, j'hésite un peu, pis j'le fais quand même.
J'vais fourrer mon nez dans la toile épaisse de sa vilaine robe, pis j'serre sa taille de ma p'tite main qui froisse la jolie lettre.

Elle est vivante, m'ssieu. Ma p'tite maman est vivante...
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MessageSujet: Re: Lettres   Mer 6 Mai - 14:54

Le moine:
Après l'oiseau, voila le gamin qui essuie son nez dans ma gabardine! Il parle de sa mère, après avoir lu un parchemin. Il dit qu'elle est vivante. La dame que je viens informer de ma triste nouvelle est donc la mère de ce garçon? Et visiblement, elle n'est pas en la demeure...
Mais alors... Je me gratte un peu la tête, je n'ai pas tout compris dans cette famille. Je ne savais même pas qu'elle avait un fils, cette dame, moi...
Le gosse n'en finit pas de frotter son nez dans ma robe. Je n'ose pas trop le repousser, regardant les boucles rousses qui rebondissent sur ses épaules trop frêles. Alors je reste là, les mains en l'air, attendant que les larmes du gamin soient totalement absorbées par la toile de ma robe de bure.
Je risque quand même un:
Pardon, mon garçon, mais... je... j'ai une funeste nouvelle pour votre Maman, moi... C'est au sujet d'un chevalier, un certain Mileagan...

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MessageSujet: Re: Lettres   Mer 6 Mai - 15:10

"Votre Maman"? Pourquoi il dit "votre Maman"? J'ai dit "Maman", moi?...
J'ai pas trop l'temps d'me poser la question, qu'j'entends le nom de l'Ombre. Oui, c'est bien ça, "Mille et un gars", c'est comme ça qu'il s'appelle, j'crois. Moi, j'préfère l'app'ler Ombre, ça lui va mieux j'trouve, tellement qu'il est froid et inquiétant, avec ses cheveux de corbeau...
J'relève le nez, en r'niflant encore un peu, pis j'plante mes perles vertes dans les zyeux du moine-crapaud. J'vais ouvrir la bouche pour d'mander qu'est ce que c'est la funeste nouvelle, mais j'ai pas l'temps.
Un nuage de poussière qui fait" cataclop" approche. Deux zhommes sur des ch'vaux. Deux zhommes avec des zhabits aux couleurs du Berry, avec des zépées et des chapeaux de fer. Et, j'en suis presque sûr, un parchemin dans la poche...
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MessageSujet: Re: Lettres   Jeu 7 Mai - 17:51

Il s'appelait Aristote. Si si, Aristote-Richard-Firmin Coustelet, fils de Marie-Pierre Angevin et de Ferdinand Coustelet, brigadier. Sa mère avait eu cette exigence, lorsqu'il était né, il s'appellerait Aristote, point. Et comme son père, son grand-père et sans doute son arrière grand-père l'avaient été avant lui, il serait maréchal.
Aristote ne se faisait pas appeler Aristote, il détestait qu'on l'appelle ainsi. A chaque fois qu'une bigote s'exclamait dans la rue "Par Aristote!" il avait un sursaut, se retournait et finissait pas secouer la tête en poursuivant son chemin. Il préférait comme l'appelle Arf, comme les initiales de son prénom. Mais là encore, parfois, il pensait qu'on lui parlait alors que juste on s'étonnait de quelque chose. Encore, il avait de la chance d'être né en Berry, où l'on préférait le "Norf" au "Arf"...
Arf était maréchal donc, à cheval, s'il vous plait. Pauvre bête qui devait subir l'embonpoint du brave homme... Engoncé dans son gambison capitonné aux couleurs de Sancerre, il s'épongeait le front sous les premiers vrais rayons de cette fin de printemps 1457.
Aujourd'hui, il était accompagné de Jérémie, une jeune recrue encore fraîche et volontaire. Arf lui, détestait son travail. Surveiller des frontières berrichonnes où rien ne se passait jamais, houspiller des ivrognes cuvant leur vin au dos des tavernes, menacer les gourgandines de les passer à tabac si elle continuaient, rien de bien folichon.
Aujourd'hui encore, rien de bien folichon...Donc, ça allait être vite expédié.

Devant la maison dont il avait trouvé l'adresse après des recherches administratives interminables, il y avait deux personnes: un religieux et un gosse. Pourvu que le moine ne s'exclame pas, surtout!
Le canasson s'arrête enfin, éreinté, tirant la langue jusqu'au sol, tandis que le brigadier bedonnant met pied à terre. Ses pas crissent sur le gravier, lentement; Jérémie se presse un peu derrière lui.
Petit hochement de tête devant le religieux, puis devant le gosse, et il fourre sa main dans son gambison trempé de sueur.
Le bon jour, jeune homme. Je cherche une certaine Aldara dicte La Rouge. Prévoté Berrichonne. Elle habite bien ici? J'ai un avis de décès à lui remettre.

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MessageSujet: Re: Lettres   Mar 12 Mai - 22:38

Ca commence à bien faire. J'regarde ma main sur laquelle est posé le parchemin au ruban noir, pis j'regarde le moine qui semble tout ennuyé, pis j'regarde le gros zhomme qui transpire. I zont pas tous fini de v'nir annoncer des mauvaises nouvelles à La Patronne? Comme elle a dit, elle a confiance en moi, alors j'vais faire c'qu'elle attend d'moi. J'vais agir comme l'homme d'la Maison.

J'prends une grande inspiration, pis j'tends ma main libre au gros zhomme, en r'muant les doigts, comme j'ai fait un garçon qu'est v'nu apporter le parchemin noir. Il hésite un peu, r'garde le type qu'est v'nu avec lui, pis il voit bien que mes pupilles vertes, elles sont noires maint'nant. Alors il baisse les zyeux, il r'ferme sa bouche qu'était prête à m'gronder, pis il m'tend son pli. J'vois l'blason du Berry à travers l'papier fin.

Ensuite, j'me tourne vers l'moine qui dit toujours rien. Moi non plus, j'dis rien, les mots, i's'raient trop bousculés dans ma bouche, pis i' m'f'raient mal aux zoreilles.
Lui aussi, il hésite un peu, il lance un r'gard inquiet au gros zhomme qui hausse les zépaules. Il finit par fourrer ses mains dans ses grandes manches, pis il sort un rouleau avec un ruban noir.

J'les r'garde tous les trois, j'baisse le menton comme elle fait La Patronne quand elle veut prendre congé, pis j'referme la porte, tout doucement, pour pas effrayer mon courage. J'vais les ouvrir moi, ces lettres. J'vais les laisser me faire mal à moi, pis après, j'verrai bien c'que j'fais...

J'marche lent'ment vers l'escalier, les mains chargées de morts, j'gonfle ma poitrine d'air neuf, pour rester en vie.
J'm'assois, j'pose les 3 lettres sur une marche et j'commence par la première, celle qu'est toute chaude de ma main depuis l'début.
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MessageSujet: Re: Lettres   Mer 13 Mai - 15:15

Eauze, le 17ème jour d'Avril, An de Grasce 1457

Tribunal du Comté d'Armagnac et Comminges à l'intention de Dame Aldara Hélequin, épouse du Sieur Crategos Hélequin



Dame,

Par la présente, Nous, Procureur du Comté, vous informons de la sentence prononcée et exécutée à l'encontre de sieur votre époux en date du 16 du mois d'Avril dernier.

Sur mes ordres, Messire Crategos Hélequin, a été interpelé, à son domicile à Eauze, suite à une affaire de diffamation.
Après examen de son dossier judiciaire, j'ai appris qu'il n'en était pas à son premier méfait, aussi décidai-je de prononcer à son encontre une peine exemplaire: 5 jours de prison. Notre bon juge me suivit dans cette requête, ce qui provoqua chez le prévenu une colère noire. Après lecture du verdict, sieur votre époux se mit à hurler à la conspiration, à se débattre comme un chien enragé. Il prononça alors diverses insultes à notre égard, ainsi qu'à l'ensemble de la Cour. Dans un dernier élan, il tenta même, bien que poings liés, quelques gestes agressifs.
Il fut donc rejugé céans pour trouble à l'ordre public, avec violence, et condamné à la peine de mort par écartèlement.

La sentence fut exécutée dans l'heure, sur la place publique.
Il a mandé à vous faire prévenir, ce que je fais donc ce jour.
Le tribunal vous présente donc ses condoléances et fait de vous, ce jour, la veuve du Sieur Crategos.


Sieur Dondoléo, Procureur du Comté d'Armagnac et Comminges

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MessageSujet: Re: Lettres   Jeu 14 Mai - 17:53

J'aime pas les plis avec un ruban noir, ça veut dire que y a quelqu'un qu'est mort. La mère, elle en a r'çu un comme ça, vu que l'père il rentrait plus d'la guerre. Elle a pleuré un peu la Mère. Pis elle a dit "c'est la vie". Mais moi, j'l'entendais la nuit qu'elle pleurait, la Mère, tout douc'ment pour pas nous réveiller.

Le papier tremble un peu entre mes doigts. J'ai pas tout compris, mais y'a des mots qui piquent mon coeur.
"veuve", çui-là, j'le connais bien. La Mère, elle a eu ça aussi, quand l'Père est pas rentrée d'la bataille. Après, les gens, ils l'appelaient plus par son prénom, il l'appelait "La veuve Pélissier".
Donc ça veut dire qu'La Patronne, elle est mariée, j'le savais même pas,j'l'ai jamais vu son mari. En tout cas, des zenfants, elle en n'a pas. 'Fin j'crois...
Et donc, son mari, il est mort. Par "é-car-tè-le-ment", dit l'papier. J'sais pas c'que c'est, mais à mon avis, ça fait mal.
Et donc, son mari, i d'vait pas être bien gentil, parce qu'il était au palais de la Justice. J'pense que c'est un grand château où qu'dedans, y'a des gens qui pointent du doigts pour dire quand on fait des choses mauvaises.
Du coup... s'il était méchant, c'est p'tet pas bien grave, si il est mort. Pis en plus, vu que j'l'ai jamais vu, pis qu'j'ai jamais entendu parler de ce Gratte-les-gosses, i doit pas être bien important pour La Patronne.
Bon, donc çui-là, j'peux l'envoyer à La Patronne.
Ensuite...
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MessageSujet: Re: Lettres   Jeu 14 Mai - 23:34

Monastère Sancerrois de Saint Eustache
Jeudi 30 Avril, An de Grasce 1457


Lettre destinée à "Dame Rouge"

Ma fille,
Je vous fais porter aujourd'hui une bien triste nouvelle. Messire Mileagan, Chevalier DenAdel Von Wittelsbach a rendu son dernier soupir en nos murs, la semaine dernière.
Il était entré en retraite chez nous il y a déjà fort long, il avait besoin, disait-il, de calmer les démons qui déchiraient ses entrailles. Il disait ne pas se remettre de l'absence d'une "Dame Rouge", qui avait volé son coeur.
Et puis son état s'est peu à peu dégradé, il refusait de s'alimenter, regardant inlassablement par delà les montagnes, muré dans le silence le plus terrifiant. Déjà faible, il s'affaiblit encore, jusqu'à ne plus pouvoir quitter le lit.
La fièvre le prit et ne le quitta plus, jusqu'à la mort. Il délirait, parlait d'une femme à la chevelure de jais qui se battait comme un homme. Il parlait du passé, de ses enfants. Il parlait de l'avenir avec cette "Rouge" au sang bouillonnant et aux ambitions immenses. Il parlait de politique et de chevalerie. Il parlait de vous, Madame, jusqu'à son dernier soupir.
Soyez assurée que les derniers sacrement lui ont été donnés, que son âme repose à présent en paix, qu'elle a quitté ce corps las et torturé.

Il nous a fallu du temps pour identifier cette "Dame Rouge", j'espère qu'Anthelme que je vous envoie, vous aura trouvée et qu'il saura vous réconforter dans votre peine.

Que Dieu vous garde, ma fille, qu'il vous guide sur le chemin de l'acceptation et vous permette de poursuivre votre chemin dans la foi et la justice divine.
Soyez heureuse qu'Aristote veille à présent sur Messire Mileagan.

Père Ignace, de Saint Eustache

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MessageSujet: Re: Lettres   Dim 24 Mai - 0:52

L'Ombre... L'Ombre est morte... L'homme aux cheveux de nuit n'est plus. Ca, La Patronne, ça va lui faire mal, c'est sûr...
Mes zyeux s'perdent entre les boucles noires du papier. J'ai mis du temps à l'lire, mais j'voulais tout comprendre. J'ai lu tous les mots. Mais j'ai pas tout compris. Juste que l'Ombre est partie chez les moines, pis qu'elle en r'viendra pas. Qu'elle s'est étendue par terre pis qu'elle se r'lèv'ra jamais.
La Patronne, elle était bizarre quand l'Ombre était là. Toujours elle mettait sa main dans son cou, comme pour s'masser, pis elle regardait ses chaussures comme pour y chercher des taches.
Ca va lui faire mal, à La Patronne, c'est sûr...
J'me d'mande si j'dois lui dire.
J'regarde à ma gauche la lettre que j'ai pas encore lue. Pis j'regarde à ma droite la lettre du procureur, qui va partir accrochée à la patte du pigeon.
A gauche...
A droite...
...
A droite.
J'ai pas l'droit d'lui cacher ça...

Il reste une lettre, avec un ruban noir, encore. Apportée par le gros zhomme sur son cheval.
Tout douc'ment, j'tire sur le ruban...
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MessageSujet: Re: Lettres   Lun 25 Mai - 21:07

Compte-rendu d'arrestation du Sieur dénommé Aragorn Mac Callaghan, Seigneur de Drummore, Baron du Connemara, Comte de Galloway, surnommé Grandpas,
en date du 20 Mai de l'An de Grasce 1457,
en terres Berrichonnes

Alors que les officiers Aristote-Richard-Firmin Coustelet et Jehan Poissard effectuaient un contrôle de routine sur les chemins sortant de Sancerre, ils remarquèrent un homme d'une taille imposante, monté sur un baudet. Lorsqu'il fut hélé par les gens d'armes, l'homme sembla blêmir, ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention de ces derniers. Alors que le brigadier Coustelet demandait au suspect de décliner son identité, le brigadier Poissard remarqua quelques gouttes de sang perlant d'une épée maladroitement camouflée derrière une cape sombre.
Suit le rapport des brigadiers:

Coustelet: Hola, toi, qu'est-ce donc que ce sang sur la pointe de ton épée?
Suspect: Du sang? Heu... Mais non, ce n'est pas du sang! Du moins pas du sang d'homme!
C: Descends de ton âne et cesse donc de mentir! On va aller éclaircir tout cela au poste!
S: Je ne peux pas vous suivre, je suis pressé! Et je ne mens pas!
C: Descends nom d'un petit bonhomme!
S: Non!


Le suspect a alors éperonné sa monture, tentant de s'échapper. Mais c'était sans compter sur la vigilance et la vélocité des gens d'armes qui, faisant un croque en jambe au baudet, ralentirent la course de l'animal qui s'empêtra et fit valser son cavalier.
Le suspect fit un vol plané et, de tout son poids s'écrasa un peu plus loin. Les deux officiers s'approchèrent, épée en main, prêts à intervenir, quand ils aperçurent un filet de sang s'échapper du crâne du malheureux.
Faiblement, le gaillard psalmodiait quelque chose et l'officier Coustelet reçut la confession qui suit:

Suspect: Dites... lui bien... que... c'est moi qui l'ai tuée... Alfrédine... C'est moi... Pas Aldara... Dites-lui... Et qu'on ne... lui cherche pas... misère... Dites-lui que je ... l'aime... malgré tout... Dites-lui que... son frère ne l'a... jamais reniée... Dites...

C'est par ces mots que s'acheva la confession du pauvre bougre. Nous n'avons pas été en mesure de savoir qui était cette Alfrédine et craignons qu'il ne s'agisse que de divagations d'un mourant. En revanche, nous avons identifié la dénommée Aldara, comme étant Dame Aldara épouse Hélequin, surnommée La Rouge, résidant à Sancerre, en la Rouge Maison.
Aussi, nous faisons porté ce rapport à cette adresse, présentant à Dame Héléquin nos condoléances pour la mort de son présupposé frère. Une enquête est en cours concernant cette Alfrédine; nous demandons donc à Dame Hélequin de se tenir à la disposition de la justice afin de répondre à des questions éventuelles permettant la résolution de cette affaire.



Rapport manuscrit le 21 Mai 1457, par l'officier supérieur Guichard, d'après les témoignages des deux officiers précités.[

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Aurèle
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MessageSujet: Re: Lettres   Mer 27 Mai - 17:24

L'papier, y tremble entre mes p'tits doigts. Les boucles noires écrites, elles s'transforment en p'tits ruisseaux sombres parce que zyeux saignent dessus.
Grand. Grand est mort.
GRAND EST MORT.
J'le répète parce que ça m'parait pas possible. Pis j'comprends pas bien ct''histoire d'âne, d'épée avec du sang, pis cette Alfrédine.
J'fronce mes sourcils en r'niflant. Mon coeur me pique en dedans, pis j'ai mal au ventre.
J'regarde mes chausses, un lacet est défait. Faudrait que j'le r'fasse. On pense à des trucs bêtes quand on est écrasé par le chagrin. J'ai le hoquet dans mes zépaules, et la bouche qui tremble un peu. J'essuie mon nez qui coule avec ma manche, m'en fiche si c'est pas poli.
J'crois qu'mes zyeux sont percés, ils coulent, ils coulent, sans que j'peux les arrêter.
D'un coup j'pense à La Patronne. Qu'est ce qu'elle va dire de tout ça? De tous ces fantômes sur le papier? Est-ce qu'elle va l'supporter? Et si elle aussi, elle mourait? J'vais d'venir quoi moi?
...

J'regarde les deux cadavres à ma droite. Le mari et l'amoureux. Dans ma main, y'a l'frère. J'l'empile sur les deux autres? J'envoie trois morts accrochés à une patte d'un pigeon?
C'est p'tet trop lourd pour lui. C'est p'tet trop lourd pour elle...
A gauche, le fantôme de Grand reste en sommeil.
A droite, il s'envole vers sa soeur.
A gauche...
A droite...

J'pousse un grand soupir, pis j'plie Grand que j'fourre dans ma ch'mise. J'prends les deux autres, pis j'les roule tout fins avant d'les attacher à la patte du piaf.
Grand, il va rester sur mon coeur, pour le moment.

J'ouvre la porte pour laisser l'oiseau partir et au loin, j'vois des zhommes qui arrivent avec des grands charettes. Ca y est, c'est l'heure. J'vais r'joindre La Patronne. I s'ra toujours temps d'lui dire pour Grand.
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Aldara
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MessageSujet: Re: Lettres   Lun 1 Juin - 22:16

La Rouge était en taverne, ce soir là. Elle venait de faire la connaissance d'un certain Maxivice, jeune acquéreur d'une taverne qu'elle lui promit de visiter régulièrement. Etait là également Dame Floryne, qu'elle n'avait pas vue depuis des mois, voire des années, et puis Sandrine s'était jointe à eux. La soirée était agréable, entre tisanes et rires berrichons. Aldara se sentait à nouveau chez elle, espérait être un jour aux côtés de ceux qu'elle aimait, notamment le chevalier de son coeur, Mileagan, pourtant en retraite depuis des mois. Elle ne savait pas bien pourquoi elle gardait espoir, mais rien qu'à sa pensée, elle allait caler sa main dans son cou, comme elle le faisait à chaque fois qu'il apparaissait... Peut-être était-elle en train de tomber amoureuse.

Mais autre chose la préoccupait depuis son retour à Saint Aignan.
Crategos.
Forcément, elle le voyait partout, se remémorait leur rencontre, leurs échanges, leurs premiers baisers, leur mariage... Elle mariée.

Souvent en taverne, elle faisait tourner la fine alliance d'acier entre ses doigts, pensant à cet homme qu'il était alors, ici, dans ce petit village. Elle occultait totalement celui qu'il s'était révélé être en Toulouse, l'homme ambitieux, malhonnête, violent, volage...

Alors que La Rouge était perdue dans ses pensées, elle aperçut son fidèle coursier, enfin de retour.
Aurèle aura enfin reçu sa lettre et c'est sans doute parce qu'il se sera appliqué à lui répondre que l'oisel avait mis tant de temps à revenir.

Elle libéra l'oiseau de son fardeau -fardeau était bien le mot, deux épais parchemins encombraient le volatile qui sembla même sourire lorsqu'elle le libéra-, fronça les sourcils, étonnée de ne pas voir les pattes de mouches maladroites du petit garçon.
Elle préféra s'asseoir, pressentant de mauvaises nouvelles. Dès les premières lignes, elle sut qu'un malheur était arrivé, pire plusieurs.

Sa vue se brouilla peu à peu, son coeur s'emporta, engoncé dans un corset trop serré, enfin, sa main inerte lâcha les parchemins funestes, alors que son corps s'effondrait...

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