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 Expédition punitive: Acte Premier

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Aldara
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MessageSujet: Expédition punitive: Acte Premier   Jeu 20 Déc - 20:18

La route n'avait pas été bien longue, quelques heures tout au plus. Mais cela avait paru une éternité à Aldara. Ce n'était pas les lieues mais les jours, les semaines, les mois qu'elle parcourait pour revenir... ici. Au fil du chemin, elle avait ouvert ses sens, fermant les yeux. Mais tout avait changé. Les parfums étaient figés par le froid de Décembre, elle ne retrouvait pas l'odeur piquante des chênes, le parfum des fleurs sauvages, le piaillement des oiseaux amoureux, le bruissement léger du vent d'été dans les arbres... Pourtant c'était ici, à n'en pas douter. C'était ici que, la première fois, elle avait suivi son bourreau. C'était ici que, la seconde, elle l'avait regardé crever, à petit feu, avant d'assister au festin des chiens sauvages... On n'avait jamais retrouvé le corps du Vicomte et, à l'heure actuelle, elle ne savait même pas si on le disait mort.
Astrion fumait dans le jour naissant, portant Aldara et les quelques bagages. Les deux hommes avaient marché une bonne partie du voyage, préférant laisser la jeune femme remonter le temps douloureux.
Avant toute chose, s'informer de la situation. Ils arrivent à Loches, les premiers maraichers déchargent leurs légumes des charettes, les échoppes clignent des yeux, ça sent le pain chaud.
Aldara entre dans une boulangerie. La Mie d'Enfance. Elle sourit au jeu de mot, elle ne se souvenait pas de cela à Loches... La grosse boulangère la regarde, rougeaude, suant, les joues un peu blanchies par la farine. Des yeux elle lui demande "Vous voulez quoi?"
Trois miches s'il vous plait... Dites-moi... (elle déglutit. Comment prononcer ce mot sans vomir sur la petite boulangère?...). Je suis une... amie du Vicomte de Valdemer et... je n'ai pas de nouvelles depuis long. Savez-vous s'il a déménagé?
La grosse dame, à la poitrine généreuse emballe les miches.
L'vicomte? Par Dieu, vla longtemps qu'personne sait où il est. (Elle s'approche, confidente) J'me suis laissée dire qu'il avait fait un ptiot à une donzelle et qu'il aurait pris la poud' d'escampette pour pas él'ver l' chiard... Ses parents sont catastrophés... Pis ses amis aussi, y z'ont fait des battues et tout, tiens c'tait quand...? C'été, j'crois ben. Z'ont ren trouvé hein. Ca f'ra 18 écus, ma bonne dame.
Aldara paye, mécaniquement, les yeux rivés sur le visage de la femme qui ne sait pas. Elle voudrait sourire, se dit qu'elle a bien travaillé puisqu'on ne l'a pas retrouvé. Il faudra faire aussi bien avec les deux autres.
Merci Madame. Une dernière chose: ses amis... étaient aussi les miens. Comment... (Elle lève les yeux au plafond, fait mine de chercher dans sa mémoire) Rho, nom d'une pipe en bois...
La femme la coupe, elle mord à l'hameçon.
Ah ben ça, l'bonhomme, l'en avait des amis! Mais çui qu'on voyait l'plus souvent c'est le sieur Meurtsauf. Vous savez, le beau monsieur qui fait de la chasse à cour, l'a toujours son clairon à la ceinture!
Le cliquetis revient aux oreilles d'Aldara qui ne peut s'empêcher de grimacer. Elle salue rapidement la boulangère, les miches encore chaudes sous le bras et sort, comme une ombre.
Meurtsauf! Un nom prédestiné... Quoi que non, finalement. Bien au contraire... Il est le premier de la liste.
**********
Bouziguot s’est assis, le dos appuyé contre le mur de la boulangerie. Satisfait de son état général. Au fil des jours, ses nombreuses blessures au torse et au ventre se sont cicatrisées, et les douleurs aiguës ont fait place à une légère raideur, à peine perceptible, lors de certains mouvements.
Il étire ses longues jambes, ressentant un peu la fatigue de la marche. Et observant Crategos qui tient par la bride le cheval d’Aldara. Ils ont beaucoup discuté en cours de route, et le vague sentiment de malaise, mêlé de méfiance, né lors de leur première rencontre, est enfin dissipé. Ils se sont montrés raisonnables, sincères, et savent désormais qu’ils pourront compter l’un sur l’autre lorsqu’ils seront face au danger.
Dis donc, l’ami, ça sent rudement bon cette boulangerie ! J’ai les crocs avec toutes ces lieues parcourues.
Son amie sort de la boutique, et leur tend à chacun une miche odorante, encore tiède. Bouzi se lève, s'approche du couple, impatient d'en savoir plus.
Tu as du nouveau, Aldara ? lui demande t’il discrètement …
Tôt le matin, il s'était préparé pour cette journée qui sentait bon la traque et la franche rigolade. Il hélait ses ordres au palefrenier et au maistre chien, et préparait lui-même ses armes. Le temps était propice à une belle chasse et ses amis arrivés la veille au soir se languissaient d'apprécier les joies de la vénerie et son lot d'émotions pimentées.
**********
Le soleil pointait à peine sur le bois, dardant de ses rayons la cime des chênes centenaires et rougissant légèrement le bout des feuilles à la façon automnale. Le vent avait calé dans la soirée et rien ne laissait présager à une mauvaise grimace de dame nature pouvant contrarier les desseins du jeune nobliau et de ses hôtes. Alors qu'il finissait de mettre son cor à la ceinture, le maistre chien amenait les fox terriers et les valets se rassemblaient dans la grande cour de la propriété. Le palefrenier trainait les chevaux harnachés jusqu'à leurs propriétaires respectifs, prêts à galoper derrière un cerf ...
Enguéran, l'interpela l'un de ses amis, nous pouvons y aller, tout le monde est prêt.
Ils montaient tous sur leurs destriers, plus nerveux les uns que les autres, puis commençaient à partir au pas, puis au trot vers le village. La troupe de valets, servants et serfs suivaient à pieds, portant toutes les affaires et menant bon train la meute de chiens.
Enguéran de Meurtsauf prit son cor et souffla un air bien connu de chasse à courre pour attiser chez ses amis le désir et l'excitation. Les chiens aboyaient en concert cacophonique, répondant à l'appel de leur maistre et sentant déjà le goût de la traque se profiler au bout de leur museau. Le son du cor était repris de plus belle par le hennissement bref des montures, et l'appel musical résonnait à leurs oreilles, parcourant les dizaines de mètres de forêt et se propageant à travers elle tel une légère bise.
Le nobliau en tête de la joyeuse troupe reposait son cor, se raclait légèrement la gorge.
Nous arrivons au village, nous le traversons et juste après nous accélérons la cadence et les choses vont se gâter pour cet animal.
Comme ils arrivaient au village, l'un d'eux décida d'accélérer légèrement l'allure de son cheval afin de ne pas trop rester à cotoyer les gueux. Les trois autres suivaient évidemment sans l'ombre d'une hésitation soulevant un nuage de poussière phénoménal et effrayant les passants et villageois plus que de raison. Le brouhaha de la meute de chiens, le martèlement intensif des sabots ajoutaient à ce spectacle une vision d'apocalypse d'un mauvais goût certain.
La plupart des invités du jeune noble se moquait des roturiers présents dans les rues de Loches, les traitant de tous les noms d'oiseaux et les poussant parfois du pied pour les écarter de leur chemin.
Alors qu'ils passaient près de la boulangerie la Mie d'Enfance dans leur nuage de poussière, Enguéran regardait ses amis et leur fît un hochement de tête dans la direction des trois personnes présentes dans la rue.
Regardez donc cette vilaine et ses deux maroufles, de véritables déchets que l'on accueille dans nostre cher et beau village. J'en réfèrerai au bourgmestre et au douanier, c'est inadmissible d'admettre des sans le sou, des vagabonds puants sur nos terres.
Tous riaient aux éclats et en profitaient pour tirer sur les rennes et faire quelques mouvements provoquant plus de poussière...
Cher Enguéran de Meurtsauf, vos fêtes sont un réel plaisir et je souhaite vivement que vous me rejoignez à Bourges pour mon anniversaire dans une quinzaine ! dit l'un des nobles sur sa droite
Ce sera avec grand plaisir mon ami, mais pour l'heure, allons vite assumer nostre chasse, j'ai comme un gout de sang sur mes lèvres !
A ces mots, il tirait sur les rennes, forçant l'encolure de la monture à se tourner dans la bonne direction, puis éperonnait de plus belle afin de quitter la place en trombe...
**********
Le nom maudit claque à ses oreilles. Le cliquetis résonne dans sa tête.
Alors que la petite troupe disparait dans un nuage de poussière, Aldara n'a pas bougé d'un pouce. Elle sourit crispée, à la semonce du nobliau. Cette gueuse, a-t-il dit? Ainsi donc il ne l'a pas reconnue. Il est vrai qu'elle a bien changé; elle n'est plus la petite paysanne timorée, au visage enfantin mais intact. Elle est une femme sévère, emprisonnée dans sa robe noire, cachant son infamie derrière les grilles de son voile. Certes, la poussière macule les pans sombres de son habit. Certes, le voyage de nuit a dû leur tirer les traits à tous trois. Certes, enfin, elle doit paraître un peu perdue dans cette ville qu'elle a oubliée. Mais elle n'a rien d'une gueuse, elle le sait. Ici, elle n'est peut être rien, ailleurs, pas si loin, elle est aimée, respectée, digne...
Avant que les chevaux ne disparaissent, Aldara les indique du menton à Bouzi et Crategos. Un est parmi eux, c'est sûr. Peut être les deux. Ainsi ils partent à une chasse à cour? Si fait. Ils ne savent pas encore qui sera le véritable gibier...
Aldara regarde les deux hommes avaler leur pain chaud; sa mâchoire est trop crispée pour lui permettre de manger. Elle suit des yeux le nuage de poussière et, même disparu, elle ne quitte pas des yeux le chemin, comme si elle voulait être sûre de ne pas les perdre.
Elle saute sur Astrion, invite les deux hommes à monter avec elle et d'une voix blanche, articule:
Vite, il ne faut pas les perdre de vue. Meurtsauf est parmi eux. Nous allons leur montrer ce qu'est une belle chasse à cour.
Alors que Bouzi n'est qu'à moitié installé, elle talonne Astrion dans un Yaa! cinglant. Ils disparaissent à leur tour, dans un cataclop tonitruant.
*********
Ils suivent les chasseurs, à bonne distance, afin de ne pas éveiller les soupçons.
Trois vagabonds ainsi installés attireraient inévitablement l’attention, d’autant plus qu’Aldara exige un effort considérable à sa monture.
Bouzi s’accroche de son mieux aux épaules de Crategos. Il lui est presque impossible de parler dans cette position peu académique.
Mais cette poursuite malaisée contrarie ses plans. Il est opposé à toute improvisation dans une chasse à l’homme de cette espèce, surtout qu’ils sont minoritaires pour l’instant. Que se passera t’il si jamais les bourreaux reconnaissent leur victime ? Ne serait-il pas préférable de se concentrer sur un seul ennemi, d’observer son comportement et ses allées et venues pendant quelques jours, avant de le frapper impitoyablement ?
D’un autre côté, les événements se bousculent. Il était tentant de ne pas les perdre de vue, et une occasion d’intervenir se présentera peut-être à eux.
Serrant les dents, il essaie de ne pas quitter des yeux le nuage de poussière qu’il distingue par moment, là bas, quelques centaines de mètres devant eux.
Hésitant quant à la meilleure tactique à employer ...
**********
Crategos chevauchait aux côtés d'Aldara et de Bouzi. L'ambiance entre les deux hommes était meilleure désormais. Il avait pris en chasse leur proie malgré que Crategos craigne au même titre que Bouzi les effets de la stratégie adoptée.
Ne craignez-vous pas que l'on soit en infériorité d'autant qu'ils sont surarmé pour leur chasse? Dit-il en chuchotant à ses compagnons.
**********
Elle entend les doléances des deux hommes mais ne s'inquiète pas. L'animal en elle est de retour, elle va traquer sa proie, l'isoler de ses congénères, ne prendre aucun risque. Il ne faut pas de témoins à cette rixe, elle en est consciente. Elle veut être seule, avec ses deux compagnons à profiter du spectacle. Elle sent déjà le gout ferreux du sang dans sa bouche. Ses pensées s'entrechoquent au rythme du pas d'Astrion, elle se tait, elle est à l'affût, les sens en éveil. Et plus elle s'enfonce dans la forêt, plus elle s'y retrouve. Cet arbre à gauche, avec son tronc torturé. Ce chemin sinueux en contre-bas, qui forme un S infini. Le soleil, en face, s'étirant entre les arbres... Ainsi donc le lieu de la mort de son âme sera le cercueil de ce Meurtsauf... avant que l'autre ne vienne l'y rejoindre. Elle compte d'ailleurs sur Engueran pour lui donner le nom de son acolyte. Plus tard.
N'ayez crainte, je sais ce que je fais. Nous allons attendre notre proie bien sagement par ici. C'est un axe important de la forêt, il est forcé d'y passer.
Elle stoppe le cheval, descend prestement, fais signe à ses amis de l'imiter et claque la croupe d'Astrion qui détale dans un hennissement rageur.
**********
Les craintes de Bouzi s’évanouissent. Le plan d’Aldara tient parfaitement la route, puisque leur adversaire doit inévitablement passer par là.
Encore faut-il l’arrêter dans son galop !
Bouzi réfléchit quelques instants. Ce type de situation ne lui est pas étranger. Sa longue existence de bandit de grand chemin va s’avérer utile, du moins si ses amis acceptent sa proposition.
Voilà ! Il y a un moyen bien simple de procéder, qui a déjà fait ses preuves.
Il ramasse une longue branche tombée au pied d’un arbre, et enlève les dernières feuilles qui y sont accrochées.
Ce n’est pas compliqué. Deux d’entre nous peuvent se dissimuler de chaque côté du sentier, tenant chacun une extrémité de cette branche. Le troisième grimpe dans un arbre, et surveille tous les cavaliers qui peuvent approcher. A son signal, si Meurtsauf apparaît, les deux autres soulèvent rapidement la branche, et le cheval de ce salaud va immanquablement s’y trébucher, et renverser notre gentilhomme. A nous alors de lui régler son compte !
Qu’en pensez-vous ? Ca vous semble une bonne idée ? Qui est volontaire pour un peu d'escalade ?

**********
Aldara aquiesce, voilà une grande idée. Elle lève les yeux sur le grand chêne qui lui fait face.
Large, tortueux et torturé, le tronc griffé par des amoureux du temps jadis...
Si vous êtes d'accord, je vais grimper là haut, je le verrai arriver de loin. Reposez-vous en attendant, mangez un peu, je reste vigilante...
Elle regarde les pans lourds de sa robe couleur de nuit, lève les yeux, rassemble sa robe sur son bras droit et laisse ses chausses au pied de l'arbre. Elle grimpe, comme un chat, en silence, sinueuse et agile, comme si elle connaissait chaque parcelle de l'écorce claire.
Une fois au sommet du tronc, elle lâche sa robe qui coule sur les doigts de la main immense qui supporte la Rouge; elle se sent lilliputienne dans la paume d'un géant. Elle caresse l'écorce fine des branches, porte son regard au loin. L'attente sera peut être longue, elle ne le sera jamais autant que jusqu'ici...
**********


Dernière édition par le Dim 27 Jan - 18:45, édité 2 fois
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Aldara
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MessageSujet: Re: Expédition punitive: Acte Premier   Sam 5 Jan - 17:48

La tactique est donc au point. Le piège est tendu, et l’attente commence dans la forêt silencieuse.
A l’abri des regards, derrière un épais buisson, Bouzi a fermement agrippé une des extrémités de la longue branche, prêt à réagir instantanément au premier signal d’Aldara.
Il a posé à ses côtés la lourde hache fabriquée par Crategos.
Aldara désirera sans doute porter elle-même le coup de grâce, mais l’imprévisible peut se manifester dans chaque combat, dans chaque duel. Et Bouzi n’hésitera pas un seul instant, si son amie était en danger, à trancher le cou de l’infâme crapule.
A travers la végétation, il distingue vaguement le forgeron, également aux aguets.
Le temps passe lentement …
Légèrement ankylosé par l’immobilité, Bouzi étend ses jambes d’échassier, fait bouger ses orteils, sans un bruit. Il a beau tendre une oreille attentive, aucun son ne vient troubler la tranquillité des taillis et du sentier.
**********
Le froid engourdit les membres, glace la peau à travers les étoffes trop légères. Aldara n'a pas bougé depuis des heures, le regard fixé sur le chemin, l'oreille à l'affût du moindre galop de cheval.
Le soleil est plus haut dans le ciel maintenant mais ne suffit pas à réchauffer les corps. Quelques corbeaux coassent non loin, emportant sur leurs ailes quelques rayons de soleil.
Un pas rapide d'animal traqué...Clataclop, cataclop... Aboiements de chiens... Son d'un cor qui déchire le jour... Ils arrivent... Espérons qu'ils se soient séparés...
Aldara plisse les yeux pour percevoir la silhouette qui approche, sautillant sur sa monture. Mais son oreille est plus rapide. Un ceinturon qui tinte couvre soudain tous les autres bruits de la forêt. Elle pointe le doigt vers Bouzi, le regardant d'un air entendu. Déjà elle descend du chêne, remettant prestement ses chausses, collée au tronc de l'arbre, la paume sur sa dague...
**********
L’alerte est donnée. La forêt résonne de l’agitation caractéristique de chasseurs qui approchent rapidement. Une meute de chiens se manifeste en jappant bruyamment, ce qui inquiète vaguement Bouziguot. Trop tard pour reculer, cependant !
Aldara s’est laissée glisser en bas de son poste d’observation. Elle a saisi fermement sa dague, prête à trancher la gorge de son bourreau. Bouzi fait de même, il se prépare à livrer bataille dans les minutes qui suivent. Accroupi, il pose sa hache contre sa cuisse, puis resserre ses doigts sur la longue branche destinée à piéger leur proie.
Il fait un signe à Crategos. Il est important de rester parfaitement immobiles jusqu’à la dernière seconde …
Approche donc, mon gaillard, et profite bien de tes derniers instants …
**********
Scindons nous en trois groupes, un de chaque côté et un de front. Le cerf sera ce soir dans nos assiettes les amis !
Il approcha de ses deux acolytes, le cheval hennissant et raclant le sol de ses sabots fraichement ferrés.
Allons y, prenez chacun la tête d’un groupe, je m’occupe de l’achèvement de la bête en affrontement frontal. Bonne chance, à dans quelques minutes.
Les trois groupes se formèrent et Engueran prit la tête d’un premier groupe se dirigeant vers le cœur de la forêt. Il se retourna, puis s’adressa à ses valets :
Attendez moi la sombres crétins, vous risqueriez de faire fuir ma proie avec vostre discrétion de sarrasin païen.
Il avança lentement dans le sous bois, l’arme à la main, quand soudain, un heurt violent le fit tomber à terre, le cheval se cabrant et l’arme tombant à plusieurs mètres. La chute fût terrible, un bruit sourd et une douleur aigüe dans le dos, il sombra peu à peu dans l’inconscience, incapable de produire le moindre son …
**********
Bouziguot pousse un cri de triomphe, son plan a fonctionné parfaitement et le violeur gît, inanimé, à leur merci.
Bouzi se précipite, et ramasse l’arme de Meurtsauf … un vieux réflexe surgissant du passé. Deux précautions valant mieux qu’une, selon le proverbe. Il tend le cou vers le sentier d’où débouche le bourreau de son amie. Personne ne semble le suivre. Les aboiements de la meute sont presque imperceptibles.
Aldara surgit de sa cachette, s’approche lentement, tenant fermement sa dague.
Bouzi se tourne vers elle, impatient.
Il est à toi, ma belle ! N’hésite pas, pense à ce que tu as enduré par la faute de ces crapules ! Vas y, ne traînons pas ici, c’est plus prudent !
**********
Elle sort calmement de derrière sa cachette, étonnamment sereine. Elle avance à pas mesurés vers l'homme à terre, jette au passage un regard à Bouzi qui a prestement réagi. Elle se penche au dessus du chasseur désarçonné, lui donne une paire de claques pour le ranimer, se redresse et pose un pied sur sa poitrine. Lentement, elle soulève son voile, défait l'onde noire de ses cheveux et le perce de ses yeux de braise.
Bonjour Meurtsauf. Je ne pensais jamais te revoir. J'ai fait un long chemin, dans l'espace et dans le temps pour te retrouver. Mais te souviens-tu de moi?...
Elle appuie un peu plus fort de son pied sur le torse de l'homme qui ouvre des yeux hébétés. Elle attend qu'il réponde.
**********
Crategos ne fit pas d'objections à l'idée avancée par Bouzi au contraire, cela devait fonctionner.
Un seul inconvénient, une attente interminable mais ô combien enivrante. Aldara, dans le feuillus centenaire, incarnait la grâce et Crategos assistait à cette scène issue tout droit d'un rêve. C'est ainsi que les heures passèrent, il se délectait, perdant parfois pied avec la réalité.
Soudain un mouvement de la Belle, alertée sans doute par les bruits s'approchant. Elle fit signe aux deux embusqués afin qu'ils se tiennent prêts.
Les sabots martelaient le sol, les condamnés approchaient.
En une fraction de temps, un cheval surgit. A l'unisson, Bouzi et Crategos tendirent leur piège, et la monture s'y empiètera.
Le cavalier roula et s'évanouit. Aldara s'approcha de lui aussi vive que l'éclair, une dague finement ciselée à la main.
Elle réveilla l'immonde personnage de ses douces paumes.
Crategos ne manquait pas un mouvement de la dame.
Quoi que tu fasses, je te soutiendrai, sois en sure! Mais pour toi, je te demande de bien y réfléchir. Je ne veux pas que pour le reste de nos jours tu vives avec des remords ma colombe.
Crategos souriait à présent à sa moitié l'air serein.
**********
Bouzi guette du coin de l’œil une éventuelle arrivée des chasseurs, mais la forêt est désormais silencieuse. Le gibier poursuivi les a sans aucun doute attirés dans d’autres sentiers, d’autres clairières.
Il s’approche de Meurtsauf, qui retrouve peu à peu ses esprits suite aux deux gifles très sèches qu’Aldara lui a administrées. La crapule est étendue, les bras en croix.
Avec un plaisir non dissimulé, Bouzi lui écrase cruellement les doigts d’un coup de talon. L’homme gémit pitoyablement.
Dépêche toi de répondre, Meurtsauf, on ne va pas y passer l’hiver ! Tu vas mourir, mais tu vas d’abord savoir pourquoi !
Crategos se manifeste aussi, mais il semble enclin à plus de clémence. Bouziguot lui jette un regard noir.
Oublierais-tu ce qu’ils ont fait subir à ton amie, Crategos ? Encourage la plutôt à se venger de ces salauds ! Ensuite elle pourra enfin passer à autre chose, et recommencer à vivre comme tout le monde !
**********
Aldara s'impatiente, le maraud ne répond pas, et ses deux compagnons sèment le trouble dans son esprit. Quoi... Se venger, tourner la page, le faire payer, l'envoyer rejoindre le vicomte... Au risque de se salir les mains, de s'abaisser à leur niveau, de s'en vouloir peut-être pour toujours...
Elle secoue la tête, appuie un peu plus fort du talon sur la poitrine de l'homme. Sa vie ou sa mort dépendra de ce qu'il va lui répondre.
Meurt ou Sauf...
**********
Ou en étais-je ? pensait-il
Ah oui ! La chasse, le plan, le saut, la chute, la douleur …

Ses sens étaient plongés dans une brume pesante qui semblait ne jamais s’estomper. Les bourdonnements dans sa tête étaient certainement à l’origine de ce trouble de la vision qui l’habitait. Les échos interminables devaient être la cause de tous ses maux auditifs. L’absence totale de mouvement et de sensation des extrémités de son corps étaient probablement la résultante de la chute terrible qu’il venait de faire sur dos. Il sombrait de nouveau dans l’inconscience, puis le processus s’enchainait tel un cercle vicieux…
Quelques voix, murmures, du bruit, la poussière, une douleur, deux douleurs…sur son visage…
Aïe …………………. Mais impossible de crier, les deux gifles lui avaient décroché la mâchoire, il se sentait comme une poupée de chiffon et ne sentait pas la moindre douleur, ce qui ajouté à son inquiétude, mais à vrai dire c’était là, pour l’instant présent, le cadet de ses soucis.
Son souffle était coupé, sa voix faible et tremblotante, il toussotait et crachait des petites gerbes de sang. Un mince filet lui sortait de l’oreille, suintant péniblement au milieu de la sueur et de la poussière jusqu’à se nicher dans son cou. La voix des plusieurs personnes ne lui rappelait absolument rien, mais quoique ce fusse, cela devait cesser, plus fort que la douleur était l’ignorance pensait-il.
Une douleur, deux douleurs … sur son thorax …
Qu..i… ?
Po..ur… Pou..r..quo..i ?
No..n ..

**********
Elle est à la fois satisfaite et déçue.
Il ne l'a pas reconnue, mais pourquoi? Parce qu'elle a tant changé? Parce qu'elle est si vilaine? Parce qu'elle ne fut qu'une drôlesse insignifiante à son tableau de chasse?
Un sourire dément déforme le visage de la Rouge. Elle se penche sur lui, la lame de sa dague étincelant sous le froid soleil d'hiver. Elle plante la pointe sous la gorge du nobliau avant de murmurer entre ses dents:
On m'appelait Aldara... Quelque chose... avant que tu entres dans ma vie. Aujourd'hui je suis la Rouge, par ta faute et celle de tes amis. (elle tapote le médaillon sur son front). Vous m'avez marquée comme un animal après avoir violé mon corps et mon âme. De Valdemer, je me souvenais l'odeur démoniaque, de toi, le tintement infernal de ton cor de chasse, du troisième, le visage angélique... A se demander comment visage si adorable peut ainsi se déformer sous les actions sataniques... Mais je n'ai pas son nom. Alors, je te promets de ne pas te torturer si tu me donnes son nom sans tarder. Sinon, sache-le, je n'hésiterai pas à te faire subir ce que j'ai fait subir à Valdemer... j'entends encore ses cris résonner dans la forêt...
Elle relève le nez, tend l'oreille, les yeux fermés, croit entendre encore les supplications du vicomte ricocher contre les arbres.
**********
Debout aux côtés d’Aldara, Bouziguot joue ostensiblement avec sa lourde hache. Il fait décrire quelques moulinets sauvages à sa lame … un sifflement inquiétant rompt le silence.
Sur son visage haineux, un mauvais sourire …
Soudain, d’un geste vif, inattendu, il plante violemment le tranchant de sa lame dans le sol gelé, à quelques pouces à peine du visage du violeur. Quelques mèches de cheveux de Meurtsauf sont emportées par le souffle du vent.
Bouzi lui jette un regard glacial.
Hâte toi de répondre, mon gaillard, sinon le prochain coup te privera d’une oreille …
**********
Le froid commençait à engourdir ce qu'il restait de ses membres, il sentait bien que même sans torture ou sans hache, c'était la fin.
Ainsi donc, son passé le rattrapait. Il se souvenait vaguement oui, mais il était alors jeune et insouciant, et surtout il pensait qu'elle était morte depuis le temps... Aldara… comment déjà ? Aucune idée, une petite paysanne dont s’était amouraché son ami et qui lui refusait ses faveurs. Rien de bien méchant…
Il reprit son souffle, cracha un peu de sang, puis dans un effort certain, il parla doucement.
Tu peux me tuer vilaine, je n’ai pas peur de la mort, surtout si c’est toi qui me la donnes. Mais ta vengeance restera quand même muette lorsque tu trouveras Anthelme. Il s’est retiré du monde après notre petite sauterie, disait ne pas se pardonner. Il s’est installé dans un monastère, près d’ici, espérant la clémence d’Aristote, …comme si Aristote pouvait nous reprocher de t’avoir gâtée de nos faveurs ! Tu ne l'emporteras pas au paradis crois-moi, impie, ingrate, chienne, sois maudite sur plusieurs générations.
Il leva la tête et jeta un regard froid et sévère sur la gueuse, pas un pour l’homme à la hache qu’il craignait encore moins, puis sa tête retomba lourdement.
**********
Elle écoute, les dents serrées, le nom à retenir absolument, Anthelme... Elle revoit son visage angélique... Oui il aurait très bien pu entrer dans les ordres... Pourtant il avait commis l'impardonnable avec ses complices. Et ça, pourrait-elle l'oublier, même s'il expiait encore sa faute aujourd'hui, cloîtré dans un monastère?...
Un rictus s'affiche lorsque le moribond la maudit. Pas de crainte à avoir à ce sujet: d'un elle ne croit pas en Dieu, de deux, elle n'a pas l'intention de porter la vie, jamais, plus jamais!
Elle se penche sur lui, si proche qu'elle pourrait le mordre.
Tu ne vas pas me faire l'affront de mourir ainsi, d'une bête chute de cheval? Tu gâcherais mon plaisir de te voir agoniser...
Elle ramasse du doigt le filet de sang qui s'écoule de l'oreille du chasseur, le fait briller sous le soleil de ce matin froid. Sa mâchoire se crispe, si elle était seule, elle porterait son doigt à ses lèvres, mais sent le regard de Crategos sur elle, baisse les yeux, essuie son index sur le revers d'Engueran.
Elle se relève, blanche, raide dans sa robe noire, appuyant encore un peu sur le torse qui ne se soulève presque plus.
L'homme tousse, il crache, on peut lire dans ses yeux la peur de la mort, la supplication, identique chez le gueux et chez le Roy. Les pupilles se dilatent, la bouche se tord dans une grimace de possédé, les muscles se crispent, la peau devient terne, déjà.
La rouge voudrait lui trancher la gorge, les phalanges blanchies sur le pommeau de sa dague. Elle ferme les yeux, rejette sa tête en arrière, inspire l'air glacial où résonne le cri des corbeaux. Elle relève son pied, tourne le dos au nobliau et lâche entre ses mâchoires serrées:
Allons-nous en. Il va mourir. On croira à un accident de cheval, ainsi on ne fera pas le rapprochement avec moi. J'ai beaucoup discuté avec la boulangère ce matin, elle m'a donné le nom de ce pourceau, il est risqué de l'achever... Elle pourrait parler de moi.
Partez devant, rejoignez le village, vous trouverez sans doute Astrion chez le maréchal ferrant, il y retourne toujours. Je vais attendre ici, pour m'assurer qu'il n'en réchappe pas.

Sans attendre, elle s'éloigne un peu, tête baissée, serre son châle sur ses épaules. Elle se retourne enfin, s'assoit par terre, en tailleur, la dague toujours serrée entre ses doigts.
**********
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Aldara
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MessageSujet: Re: Expédition punitive: Acte Premier   Dim 27 Jan - 18:44

Le nobliau est mourant, ses paroles ne sont plus qu’un souffle à peine audible. Mais il se souvient de la scène, et trouve, où donc ?, la force de maudire, de menacer.
Bouzi serre les phalanges sur le bois de sa hache. Il abrégerait volontiers les souffrances de cette racaille qui crache son dernier venin à la tête d’Aldara. Il sait, Bouzi, que l’ennemi idéal est un ennemi mort, et qu’un dernier sursaut de la bête à l’agonie peut se révéler dangereux.
Aldara a repris la parole, judicieusement. La mort de ce Meurtsauf dans une chute de cheval, idiote mais toujours possible, leur permettrait de poursuivre leur œuvre vengeresse sans avoir éveillé de soupçons. Ils seraient beaucoup plus libres de leurs mouvements, sans méfiance dans le camp ennemi.
Son amie souhaite que ses deux compagnons partent devant, afin de récupérer le cheval qui a dû regagner le village, et sans doute l’atelier du maréchal ferrant. Bouzi n’y voit aucune objection, quelles que soient les véritables motivations d’Aldara pour les éloigner. Il jette un dernier regard au violeur, qui rejoint visiblement le pays de l’envers du décor.
Bon voyage, Meurtsauf, remets nos amitiés à Valdemer quand tu le croiseras là-haut.
Puis il se tourne vers Crategos.
Viens l’ami, regagnons le village, Aldara nous y rejoindra près de la forge.
**********
Crategos ne savait que penser de tout ceci. Des hommes, des crimes, une vengeance sous forme de meurtres, était-il bien approprié de faire soi-même justice? De plus, ne dit-on pas que la mort est loin d'être le plus
cruel châtiment ?
Il gisait là, ce mécréant, à leur pied il était tombé tel un gueux.
Crategos voyait Aldara partagée entre le souvenir de terribles souffrances et le soulagement d'en mettre un terme. L'homme était tombé de cheval, il allait donc mourir ainsi dans l'indifférence de tous, le crime parfait.
Aldara souhaitait rester en tête à tête avec son persécuteur maintenant. Bouziguot faisait mine de prendre le chemin pour le village.



Pars devant mon brave, je te rejoindrai!
Une fois Bouziguot éloigné de quelques pas, Crategos rejoignit enfin sa fiancée. Il prit sa Belle dans ses bras et l'embrassa intensément sous les gémissements d'un mourant. Quel moment insolite...
Crategos regarda Aldara droit dans les yeux pour lui demander :
Ta soif de vengeance est-elle satisfaite envers cette vermine ?
Il posa la main sur le coeur de la dame et lui sourit. Crategos amena une main à hauteur de la dague.
Tu n'auras guère besoin de cela pour lui. Mais, j'ai peut-être une idée... Que dis-tu de l'empaler avec un petit tronc bien choisi? Faire tout ce chemin pour, finalement, qu'il meurt suite à une chute de cheval à laquelle tu n'as même pas participé est maigre comme vengeance.
Crategos regarda alentour et vit une belle branche, ni trop fine ni trop grosse, qui semblait convenir à merveille.
Regarde ceci. A nous deux, nous pourrions la soulever afin de lui planter en plein coeur, si toutefois nous le trouvons.
Il n'aimait guère s'abaisser au niveau des criminels, mais bon, c'était tout ce qu'il aimait qui avait souffert par la faute de ces immondes personnes.
**********
Aldara voit Bouziguot s'éloigner un peu, marchant sur le chemin, alors que Crategos s'approche d'elle, avec douceur. Après un baiser incongru, l'amour côtoyant l'agonie, il propose un plan diabolique. Elle no'se y croire, le regarde, cherche dans ses yeux la feinte. Tendrement, il desserre les doigts de la dague, effleurant le petit éclat de lumière qu'il a glissé à son doigt, il y a quelques mois maintenant.
Elle regarde dans la direction qu'il indique, hoche la tête, oui ce sera parfait.
Alors qu'il l'aide à se relever, elle enserre ses doigts, caressant le petit anneau d'acier qu'elle confectionna pour lui, il y a quelques mois maintenant.
Un sourire un peu triste, complice pourtant. Il lit en son âme. Il sait qu'elle doit tuer le monstre qui git à leurs pieds. Il sait. Il n'approuve sans doute pas. Mais il sait qu'elle n'a pas le choix.
Elle voudrait parler. Lui dire merci. Lui dire qu'elle l'aime. Lui dire qu'elle sait, elle aussi, ce qu'il pense de cela. Elle se contente de glisser ses doigts entre les siens, faisant tinter les deux anneaux, l'un contre l'autre, avant de s'avancer vers l'arbre déraciné qu'il a choisi. Pour sa vengeance, à elle.

L'arbre mort est lourd, très lourd. Deux silhouettes s'acharnent en silence sur un tronc glacé, leur souffle vaporisant la lumière de ce matin d'hiver. Une masse sombre au sol, un genou qui se relève, une vapeur fine qui s'échappe d'une bouche tordue par la douleur.
Aldara ne réfléchit plus. Elle n'est mue que par son instinct, sa force en est décuplée, l'arbre se soulève. Crategos le traîne avec difficulté, plaçant déjà la branche meurtrière dans le bon angle. A deux, ils soulèvent l'arbre au dessus du corps inerte; Aldara regarde son Ange Déchu, il comprend et lâche tout, dans un dernier effort. Elle donne la dernière impulsion, plaquant son corps contre le tronc assassin.
Des os qui se brisent, le bruit mouillé du sang qui s'écoule, un dernier râle dans la chair qui se déchire, et le pantin retombe enfin.
Aldara ne le quitte pas des yeux, elle cherche de la pitié, de la clémence au fond de son coeur. Elle tape ses mains l'une contre l'autre, pour se débarrasser des écorces de l'arbre, ou bien satisfaite du travail accompli?...
Elle regarde ses doigts, puis ceux de son Ange. Ils s'entremêlent.
Au loin on entend les aboiements de chiens furieux, un cor qui rassemble la meute, alors que, sur le chemin, deux silhouettes entrelacées marchent lentement, dans le crissement de leur pas épuisé...
**********

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