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 Le meilleur du plus beau jour de notre vie

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Aldara
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MessageSujet: Le meilleur du plus beau jour de notre vie   Dim 6 Avr - 22:47


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Aldara
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MessageSujet: Re: Le meilleur du plus beau jour de notre vie   Dim 6 Avr - 22:52

Et voilà... Les heures s'étaient égrainées, laissant place aux minutes, puis aux secondes... Le coeur battant, elle lisse les pans de sa robe ivoire, ajustant le corset plus sombre, étonnée encore d'être là, bientôt mariée...
Et si elle se trompait? Et si les détracteurs du BERRY avaient raison?
Encore tantôt, il avait eu des mots malheureux, devant Ysandre, qui plus est, à tel point qu'elle était partie en claquant la porte de l'Auberge. Ysandre avait bien tenté de la rattraper, mais la Rouge s'était réfugiée à la tisseranderie, en proie à une colère froide.
Changerait-il un jour? Avait-elle le droit de le lui demander?
Toutes ces questions se bousculaient dans sa tête, alors qu'elle piquait les dernières perles à sa robe.
Elle finit par décider... de ne rien décider avant de le voir sur le parvis de l'église. Là, elle saurait. Au premier regard, au premier frôlement, au premier baiser qu'ils échangeraient peut-être, elle saurait si c'était Lui... Elle l'espérait, en tout cas...
Lentement, elle enfile sa robe claire, serre le corset comme elle peut, toute seule, ayant refusé de voir personne, attrape le bouquet de lys sur la table et referme la porte de l'échoppe, en silence.
Elle marche lentement dans les rues de Saint Aignan, entendant les étoffes frotter l'une contre l'autre.
Enfin, elle parvient à l'église, encore vide.
Une main posée sur la croix rouge offerte par Jo, une inspiration profonde, une poitrine qui se soulève aux rythme d'un coeur inquiet...
Aldara entre dans l'église...



Elle est inquiète, Il n'est pas là, et Doc commence déjà la cérémonie...
D'une voix timide, elle murmure, presque pour elle même:
Hum... Ne pourrait-on attendre le ma.. hum, Crategos avant de commencer?...
Elle entend derrière elle des pas, plutôt légers. Pas Crategos. Mais Gariuss, Sandrine, Lilly... Elle se retourne, les salue discrètement, ne parvenant pas à sourire.
*****
Doctorgradus: En acceptant cet engagement, vous vous engagez par la même occasion à former un couple, à former un tout divisé en deux personnes. Chacun d’entre vous est une personne différente et à part bien que membre de ce tout. Mais ce tout ne peut en rester là. Il est aussi formé avec et en Dieu.
Aldara, vous n’êtes rien sans Crategos ;
Crategos, rien sans Aldara ;
Et seul, ou en couple, vous n’êtes rien sans Dieu.
Reconnaissez-vous la présence de Dieu dans votre vie et dans votre couple
?
*****
Apolonie: Le faire partétait bien arrivé. Apolonie l'avait longuement étudié, assise sous unolivier. Tournant son regard vers la mer, elle avait souri. Aldara... sa chère amie, sa rouge, sa filleule... Se marier. Léger soupir s'échappant des lèvres séchées par le sel et le soleil. Retour en arrière. La sentinelle attrape un parchemin, et prise d'une inspiration soudaine gratte le velin de sa plume gorgée d'encre. Coucher sur le papier ce qu'elle ressent face à l'évènement. La belle n'est pas écrivaine ni particulièrement littéraire, mais l'inspiration lui vient, et elle rédige Apolonie, mots après mots...
Au bout d'un moment, il ne reste plus grand chose à dire, et elle regarde la feuille d'un air amusé. Elle la donnera à Aldara après la cérémonie. Sourit. Puis soudain réalise. Mais bon sang ! Elle est en Provence et le couple à Saint Aignan. Le soleil est déjà haut, et Apo saute sur ses pieds. Toutes ses affaires sont dans les sacoches de la pouliche. Depuis qu'elle vit dans des campements, le départ est plus facile à préparer. Le temps de rassembler quelques trucs qu'elle en avait sorti, déposer Yvain à l'auberge...
Et la sentinelle saute sur Marie-Caroline, un dernier regard vers la Provence, se promettre de revenir à temps pour les combats. Talonner, dormir à peine, et avancer vers le Berry. Espérer arriver à temps.
Les portes de Saint Aignan sont en vue. Elle connait le chemin maintenant. Et agilement, saute de la pouliche juste devant l'église.
L'attache. Et se jette un oeil. Lisse sa robe. Défait et refait son chignon. Grimpe une à une les marches du parvis. Voir Aldara belle comme le jour, être heureuse pour elle. Ne pas penser à ce qu'il se passe dans sa propre vie en ce moment. L'ambassadrice en elle plaque un sourire sur ses lèvres et elle avance, se signe.
Voilà les portes franchies. Beaucoup de dos, la plupart inconnue au bataillon. Le curé semble déjà lancé alors qu'elle ne voit pas Crategos. Mais bon sang va-t-il rater leur mariage comme il a bâclé leur baptême ? La sentinelle sent ses joues s'empourprer. S'il continue à mal les traiter de la sorte, c'est sûr, elle va se plaindre. Un peu d'Aristotélicisme, de bonté, de patience. Tout se perd ... C'est sur, elle ne ferait jamais appel à ce religieux pour célébrer une quelconque cérémonie.
D'un pas lent et qu'elle espère silencieux, elle se dirige vers la nef.
Ni au fond, ni devant, de quel droit irait-elle après tout ? Sur le coté, un peu à l'ombre, comme toujours. Mais pas loin. Le bleu posé sur sa rouge. Aldara est magnifique, tout bonnement superbe. Un sentiment de fierté, d'amour enserre le coeur d'Apolonie. Que de chemin pour la demoiselle depuis la première rencontre. Pour l'une comme pour l'autre.
Un sourire éclaire le visage de l'auvergnate. Tourne la tête vers l'entrée, espère apercevoir enfin le marié, et bien sur son amie Johanara. Toujours une joie de la croiser, surtout en ces circonstances.

*****
Crategos: Eh voilà, cefameux vendredi tant désiré, tant redouté était arrivé. Crategos avaitbataillé toute la journée durant, il était éreinté mais si heureux devoir enfin ce soir venir, cette nuit tomber, ces étoiles scintiller dans le ciel.
Il avait rencontré Aldara, il n'y avait pas si longtemps de cela et déjà en route vers le mariage, tout cela était précipité, folie pure mais ô combien douce.
Il ne savait pas ce que sa fiancée allait porter pour la cérémonie, bien sur il connaissait ses gouts mais elle était si surprenante, si imprévisible qu'il avait tout envisagé. Assurément, le mieux était encore le foncé. Cela convenait avec tout. Il mit donc ces plus belles frusques, il était de toute façon vain de tenter d'égaler la beauté de la mariée. C'était comme soutenir son regard, impossible! Ainsi toute la nuit et la journée précédent le mariage, des milliers de pensées s'étaient bousculées dans son esprit. Jusqu'à même imaginer que la cérémonie serait annulée pour telle ou telle raison. Peut-être que lui aussi défaillirait et prendrait ses jambes à son cou.
Les heures étaient passées, les chants d'oiseaux avaient laissé place au hululement des chouettes et autres hiboux. Il était l'heure de prendre le chemin de l'autel pour le meilleur et surtout pour le pire. Ou est-ce l'inverse? Il ne savait plus du tout où il en était. C'est donc dans un état d'esprit proche de l'ivresse, le coeur au bord de l'explosion, qu'il se mit en route.
Comme à son habitude, il était très en avance. En effet, bon nombre de personnes étaient là, il avait même l'impression que l'on attendait plus que lui.
Il regarda alentour, ses amis étaient déjà présent, beaux dans leur tenues, les toilettes allaient à ravir à ces dames. Parcourant ainsi le lieu sain du regard, il croisa l'allée et là ce fut l'embardée. Elle était là! Lui qui la pensait entre Bourges et Sancerre.
Passé l'excellente surprise de la voir, il frémit de tout son long, les mots lui avaient toujours manqué quand il s'agissait de la décrire mais là même les sensations ne savaient où donner de la tête.
Ses jambes se mirent à marcher, il salua presque par réflex les gens ne voyant qu'Aldara la Rouge.
C'est d'une voix enrouée qu'il s'adresse au curé Doc pour lui souhaiter le bonsoir.
******
Aldara:
Elle sent qu'il arrive, derrière elle. Elle sent son souffle dans son cou, elle ferme les yeux, serre ses mains sur le bouquet de lys. Avant qu'il ne soit à son niveau, elle sent ses jambes la porter, sans réagir. Là voilà devant le curé, blanche, livide, mécanique, hors de son corps. Elle ne quitte pas le brave homme des yeux, attend qu'Il la rejoigne, respirant en silence.
Bonjour mon Père. Oui je vous confirme la présence d'Aristote dans ma vie, depuis peut pourtant.
Elle n'ose en dire plus, attendant qu'Il prenne la parole...
*****
Apolonie: Apolonie sursaute. Se lève et serre les poings. Mais c'est pas vrai ? Non seulement il n'attend pas les mariés, n'attend pas leur réponse, mais en plus il se trompe dans les noms ? La sentinelle voit rouge. Et en bonne aristotélicienne se promet d'en référer à qui de droit. C'est impensable. Pas de messe, pas de crédo, pas de lithurgie. Et des erreurs. A croire qu'il ne suit pas sa propre messe.
Elle est furieuse. Gâcher le mariage de son amie ? De ses amis ? Elle grommelle et se retient de sauter à la gorge du curé, dague à la main, et de lui faire réciter son office comme il se doit. Respirer. Ne rien faire. Les Impériaux vont manger en Provence dès qu'elle y sera. Ils vont payer pour ce crétin de prêtre qui ne fait pas attention.
Aldara mérite vraiment mieux que ça. De droite à gauche la tête balance dans un signe de dénégation. Et là... la belle, la trépidante. Sa baronne préférée qui entre... et s'installe non sans lui faire de grands signes qu'un aveugle aurait perçus. Le sourire, quoique crispé, revient sur les lèvres d'Apolonie et déjà debout, elle n'a plus qu'à faire quelques pas pour rejoindre son amie. Un efois juste à coté, elle la salue. Et se penche:

Heureusement que tu as raté le début ma belle, parce que là... je suis à deux doigts de me battre avec le curé ! Il n'a pas attendu Crategos, ni la réponse des mariés, n'a pas récité le credo, et sanguienne s'est trompé dans les prénoms ! Il refait ça à Aldara et Crategos et je le massacre !
La lueur dans les yeux de la belle ne dément pas ses propos. Elle s'assied près de Johanara mais cela ne la calme pas pour autant. Qu'il se reprenne le religieux, ou elle devient sacrilège. Gâcher un baptême c'était pas assez ?
*****
Judith: [Auberge miteuse ou que la rousse loge, avec son gosse. Celui que la Rouge n'a pas eu.]
Il braille, le gosse. Il braille et Judith grimace. Vindieu c’est qu’il lui tord le cœur et les oreilles, c’petit.
« Tais-toi ! Tais-toi tu m’fais de la peine. Tiens-toi sage ... On revient, on part pas ... Allez, mon marmouset, sèche tes grosses larmes, sois pas braillard. C’est ça, sois pas comme ça, sois mignon. Tu sois mignon, oui ? Ah c’est bien, c’est ça … Sèche tes grosses gouttes et souris à ta mère. »
La rousse passe le plat de sa main sur les cheveux laqués glaviot de son môme, murmurant quelque chose dans le genre d’un
tu soyes meugnon pour aller voir la Rouge … là, comme ça, oui … et elle lui bécote le front. Asteure ça se dandine à peine au Liquoré. Ca s’réveille, grognant, pour retourner voir ses femmes ou ça s’endort, baîllantes, après une nuit qu’a fait voler les draps dans tous les sens. Judith fait signe à la blondinette qui sourit tendrement en lorgnant le marmot qu'est bien beau bien habillé pou l'occasion.
« Suzon, ramène tes fesses au lieu d’zieuter comme ça eul gosse ! On l'sait qu'il est beau mon mien ! Hein qu'il est beau mon moutard, hein ? » Trois bécots. Un sur chaque joue de son môme et un autre pressé sur les lèvres de la blonde. La rouquine serre la jeunette dans ses bras. « Tu sauras y faire toute seule, hein, t’es sûre ? Te fais pas avoir. Les hommes, tous des salauds, tu retiens ? Faut qu’on y fonce. On va finir en r’tard. »
*****
Johanara: Sentant le temps tourner à l'orage , Johanara fit un sourire radieux à Apolonie , l'exortant à prendre son mal en patience.
Regard en biais vers le curé. Devait il retrouver quelqun après la messe? Une maîtresse secrète??? M'enfin! Mmmmhhh , lueur espiègle qui s'allume au fond des prunelles de la Baronne.
La voilà qui fait tomber son éventail juste devant les chausses de l'ensoutané! Le ramasser , frôler le religieux de ses longs cheveux flamboyants, remonter lentement , très lentement , sa poitrine habilement corsetée jaillissant imperceptiblement de sa robe.
Prendre un air confus, balbutier quelques mots! Et guêter le fard révélateur aux joues du curé! S'il baclait la cérémonie pour un amour défendu , passe encore!
Ma foi il avait l'air plus agacé qu'autre chose! Qu'avait il à faire de si important!
La jeune fille se pencha légèrement vers l'arrière et murmura à l'intention de la sentinelle :
Nous n'aurons pas le temps d'apprendre à tricoter ce soir! [b]
*****
(Le curé s'absente, et Crategos demande à chacun de lire ce qu'il pa préparé pour faire plaisir à Aldara)
*****
Lilly savait qu'elle devait se lever et parler devant tous ces gens. Mais c'était impossible pour elle, elle avait trop peur.... elle qui parlait sans arrêt dans les tavernes était maintenant incapable de prononcer la moindre parole! Elle finit tout de même par se lever sans y refléchir et se retrouva devant toute cette assemblée.
Bravo Lilly... et maintenant???, elle n'avait aucune idée de ce qu'il fallait dire et de plus, elle avait laissé ses notes chez elle. Arf, elle était bien la tite blondinette qu'avait connu Aldara. Puis elle eut une idée.
Bien, tout d'abord bonsoir à tous! Je m'appelle Lilly pour ceux et celles qui ne me connaissent pas. Je suis une amie de Aldara et une amie de Crategos aussi, depuis peu. Je me souviens encore de ma première rencontre avec Aldara, je venais d'arriver à Saint-Aignan et j'avais déjà fait la rencontre de Chloé qui m'avait ensuite présentée à ses amies, Loubette et Aldara. On a eu, pour ainsi dire, le coup de foudre amical. Je ne vais pas vous raconter tous nos délires, sinon nous sommes encore ici demain! Enfin bon, ensuite ce cher messire ici présent, est arrivé et lui et Cruchette ont commencé, comme le dicton l'indique, par des bosses! Je vous assure, ils se battaient en taverne! C'était très drôle à voir! Avec Lolette on était sûres qu'ils allaient finir par se marier!!! Et nous y sommes! Ce soir, Crategos et Aldara se sont mariés et nous ont prouvé que l'amour véritable dépasse tout, tout préjugé, tout ressentiment!! J'ose espérer que cet amour nous inspirera et nous fera croire au Vrai Amour, l'amour avec un grand A!
Cruchette, je suis tellement fière de toi, tu es magnifique dans ta robe et tu as l'air si heureuse!
Crategos, je t'ai promis que je ne t'appellerais plus PAM et je tiendrais ma promesse^^ Je te remercie de rendre Aldara si heureuse et je compte sur toi pour qu'elle le reste!

Lilly regarda l'heureux couple, leur fit une bise à chacun et redescendit vite fait à sa place, le coeur battant, le visage tout rouge!

*****

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Aldara
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MessageSujet: Re: Le meilleur du plus beau jour de notre vie   Sam 26 Avr - 22:15

Jospinette se leva et avanca elle sourit a sa marraine et a craegos et prit la parole
Vous êtes nés ensemble, et ensemble vous serez pour toujours. Vous serez ensemble quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours. Oui, vous serez ensemble même dans la silencieuse mémoire de Dieu. Mais laissez l'espace entrer au sein de votre union. Et que les vents du ciel dansent entre vous. Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une chaîne. Laissez le plutôt être une mer dansant entre les rivages de vos âmes. Emplissez chacun la coupe de l'autre, mais ne buvez pas à la même coupe. Donnez à l'autre de votre pain, mais ne mangez pas de la même miche. Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux, mais laissez chacun de vous être seul. De même que les cordes du luth sont seules pendant qu'elles vibrent de la même harmonie. Donnez vos curs, mais pas à la garde l'un de l'autre. Car seule la main de la Vie peut contenir vos curs. Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus : Car les piliers du temple se tiennent à distance, Et le chêne et le cyprès ne croissent pas à l'ombre l'un de l'autre.
*****
Aldara a l'impression de faire un mauvais rêve. Elle entend chuchoter derrière elle, un homme se lève, sort! Le maraud!
Voilà que ça continuait! Tout allait vraiment de travers! Elle se retourne et voit l'homme en question glisser une bouteille à un soldat, lui chuchotant quelque chose.
Ni une ni deux, voilà la Rouge debout, relevant sa robe aussi élégamment
qu'elle le peut, se dirige d'un pas décidé vers le soldat qui tente de se faire tout petit.
Mon brave, c'est pour nous, je présume? Un cadeau de mariage?... Parfait. Vous avez accompli votre mission!
Une main qui se tend, un peu tremblante, attrape le goulot. Des pas qui font demi-tour, qui claquent sur le pavé de l'église.
MOUIC!! Un bouchon qu'on retire avec application...
GLOU GLOU GLOU, quelques lampées qu'on avale pour se redonner du courage.
Une main qui se tend vers le curé.
Tenez mon Père, il est bon, ça vous détendra!
Une silhouette blanche qui reprend sa place sous les yeux médusés d'un Crategos un peu perplexe...
*****
Ysandre : Le cœur battant, Ysandre se dressa et demanda le silence.
Elle espéra secrètement que sa petite voix parviendrait jusqu’à tous …
Ah par la barbe d’Aristote ! Ses mains la trahissaient !
Ce tremblement ne semblait pas vouloir cesser..
Te souviens-tu, Aldara ?
Te souviens-tu de cette nuit là ?
Oui, bien sûr que tu te rappelles..
Tu n’étais pas encore la Rouge, non.
Tu étais l’ombre au fond de cette taverne.
J’aimais tant voyager à cette époque !
Je ne remercierai jamais assez mon promis pour cette fugue à travers le royaume !
L’équipage arrivait à peine dans ce petit village que la nuit tombait.
Nous étions harassés par toutes ces lieues parcourues et, à l’approche de Saint Aignan que j’avais pourtant un peu voulu fuir, mon impatience grandissait.
Turenne s’était empressé de faire monter les malles à l’auberge et m’avait proposé d’aller boire un verre, à la taverne tandis qu’il accompagnait Rodophe et supervisait notre installation, attentif.
Tu étais là, Aldara.
Je t’ai vue aussitôt, petite forme noire, ramassée sur elle –même, loin des autres.
Petit être nippé de haillons misérables, esseulée, épuisée, transie de froid.
Mon cœur s’emplit de tristesse à ta vue.
Ce visage ravagé, camouflé tant bien que mal derrière ce voile, ces gestes indécis, ces mains tremblantes…
Sanguienne ! Un élan de tendresse m’emplit !
Je ne sais ce qui me poussait vers toi.. Inexplicable.
Je me suis approchée doucement, je t’ai sourit mon petit oiseau blessé.
Tu m’as montré tes blessures ..Au moins celles qui étaient visibles.
D’autres bien plus profondes faisaient souffrir ta pauvre âme torturée.
Je crois que je t’ai aimée dès lors.
Comme une sœur…
Comme une mère…
Mon départ, je l’ai perçu comme une déchirure.
Je n’arrivais pas à sortir de mon esprit mon petit être
fragile, à peine rencontré, déjà niché au fond de mon cœur et ton image m’a accompagnée jusqu’à Saint Aignan.
Beaucoup d’autres souffrances ont suivi pour toi, ma si douce.
Au moins je te savais près d’Apolonie, protégée, choyée par notre amie commune.
Par quel miracle es-tu devenue Aldara la Rouge !
Je n’oublierai jamais l’heur de te voir débarquer en notre cher village, tes bagages en mains !
Mon cœur s’est empli de joie à ta vue !
Transformé l’oiseau blessé !
Oublié le petit animal sauvage, tremblant dans mes mains !
Tu es née enfin ma belle Aldara…
Te souviens-tu ma fureur alors que Crategos et toi vous jaspiniez sans cesse à votre rencontre ?
Ooh ! Je râlais !
Vous cachiez bien votre jeu, l’un et l’autre, alors que l’amour qui vous lie ne cessait de croître !
Crategos, mon filleul…
Je te confie ma fille.
Prend en soin ta vie entière, elle est plus précieuse que le diamant, bien plus précieuse…

*****
Aldara écoute Ysandre, émue jusqu'à la corde. Elle se souvient de cette nuit, oui, comme elle n'oubliera jamais la nuit où elle rencontra Weulfen, la nuit où Apolonie l'accueillit avec un brin de myosotis, la nuit où Jo la convia à son premeir bal, lui prêtant une robe rouge comme le sang, la nuit où elle
rencontra un Poilu qui lui proposa de l'aider à comprendre comment se servir
d'un mandat, la nuit où elle surprit Crategos en légère compagnie, la nuit où
elle sut que sa vie serait ici, pour toujours.
Ses yeux s'embuent, elle perd l'équilibre, serrant plus fort la main de l'homme à ses côtés. Celui qu'elle a changé. Celui qui l'a changée...
Elle ouvre la bouche, pour remercier sa chère et tendre protectrice, les lèvres tremblantes...
HIC!
*****
Johanara : Puisqu'on en était au déclaration d'amour...
Emue par les paroles d'Ysandre , Johanara , déjà en larmes s'approcha des mariés et leur prit chacun la main.

Que le jour recommence, et que le jour finisse
Sans que jamais le lien amoureux ne périsse
Que jamais ne s'envolent tous ces moment d'ivresse
Que la vie à longs flots leur verse le bonheur
Eternelle la flamme , immuable la promesse
Quand on s'aime comme ils s'aiment il n'y a jamais d'heure...

Puis se tournant vers Aldara...
Ma belle maraude...
Quand j'aime c'est pour toujours. Je t'ai accueillie , je t'ai aidée , je t'ai relevée quand tu étais au plus mal . Et tu as fait de même , tu as séché mes larmes , tu as pansé mes plaies , tu m'as tendu la main...
Te souviens tu de ce baiser?
Tu seras mariée sous peu ... Alors c'est maintenant où jamais pour te le rendre!
Se baisse doucement et embrasse son amie avec tendresse!
*****
Dirix : La porte de l'église s'ouvrit discretement, tout le monde était trop occupé par la cérémonie de mariage quand un petit cliquetis métalique retentit dans l'église. Ce bruit venait d'un médaillon qui roulait sur le pavé de l'église. Aprés avoir fini sa course contre un des bancs du lieu sacré, on
pouvait lire sur l'une de ces face "VV" et aussi plus fraichement sculpté "Bonheur à vous deux", signé "-L'impardonnable-"
*****
Aldara:Les cadeaux pleuvaient de toutes parts.... alors que la cérémonie n'était même pas finie!!!
Euh, pardonnez-moi, mais... je vous signale juste qu'on n'est pas encore mariés... Mais merci...! Hihihic!
Elle reçoit le présent de Bimba, lit les noms de ses amis, commence à renifler. Pusi elle lève la tête, écoute les paroles de Jo, sa chère Jo, la première Saintanaignaise à lui avoir tendu la main. Un cliquetis. une pièce qui roule sur le pavé, tout le monde baisse les yeux, suit la course folle du petit objet rond... jusqu'aux pieds de La Rouge...
Elle sait. Tout de suite. Elle cherche dans l'assistance, les yeux fous. Une main tremblante qui ramasse le médaillon, le tourne entre ses doigts. Un souffle imperceptible: Dirix... Je savais que tu n'étais pas mort... Le Pardon s'accorde... Je te l'offre... sur un médaillon... d'argent...
Des larmes qui roulent, laissent une trainée humide dans le far de ses joues. Une main qui se porte à son front, arrache le petit médaillon d'argent, qui rejoint l'autre, tinte, roule entre des doigts fins mais encore sans alliance...
DIRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIX
*****
Apolonie: Elle a hésité longtemps entre le lui tendre et le lui lire... Voyant Ysandre, Johanara sauter le pas elle fait de même. Et d'un pas mesuré s'avance vers l'autel. Elle se pose en face des mariés. Avec un sourire, elle
déroule le parchemin qui a eu le temps de bien se froisser dans sa main. Nempêche, elle le déplie. Et d'une voix au début chevrotante, puis de plus en plus forte et claire, elle lit les lignes qu'elle a écrites là bas en Provence, le jour où elle a reçu le faire part de leur mariage. Se concentrer. Ne pas bafouiller.

Aldara, Crategos ...
Comment vous dire à tous deux ce que je ressens ? Coment vous dire l'émotion qui m'étreint ce soir à votre mariage ? Comment ...
Je vais tenter par ces quelques lignes de vous les dire. Commençons chronologiquement. Crategos ... toi qui m'as vue arriver à Bourbon, toi qui m'as connue à mes débuts. Questions, rougissements, ne pas jamais vexer, être toujours aimable c'est comme ça que tu m'as connue.
Rapidement je n'ai plus eu besoin des conseils du parrain que j'avais choisi en toi. Mais tu m'en as demandé. Te faire élire comme maire, t'aider, te soutenir, t'épauler. Quelle bonne époque que celle là !
J'ai refusé le poste de tribun pour partir en voyage, tu as profité de ces tribulations pour piller la caisse de mon village. Comme je t'en ai voulu. Comme j'ai vomi ton attitude envers nous. Toi soudain si Berrichon alors que tu n'avais pas su rester bourbonnais.. Comme je t'ai hai pour ce que tu m'as dit. Tes mots, crus, insultants, envers moi, envers les miens.
Et j'en viens à toi ma belle. Un jour d'octobre... En taverne, à Bourbon. Une jeune femme... Toute juste revenue d'une fausse couche. Pâle, vidée, blessée, triste. Une ombre comme a dit Ysandre. Je t'ai vue, tu m'as plue. Je t'ai invitée, je t'ai acceptée. Ma belle, ma rouge, tu es passée dans ma masure. J'ai fait ce que j'ai pu. Peu de choses... Juste un sourire. Et une amitié. Aldara... Je ne sais pourquoi, un lien tissé à jamais. Rejeter le saligaud, t'héberger, t'aimer. Et te voir partir.
Vivre. Souvenir d'une période où je pensais régulièrement à toi, missives qui nous reliaient. Et un jour, tu me parles de lui. Saint Aignan. Contrée qu'à l'époque je ne pouvais voir que d'un mauvais oeil.
Amoureuse de Willen comme jamais femme n'a aimé un homme, te savoir en Berry, pire, tu me parles de lui. Mon coeur s'est serré. Et j'ai refusé de voir. Je t'ai dit par retour de courrier ce que j'en pensais....
Et un jour, l'air de rien, pendant que je faisais le service dans une taverne, tu es revenue... Toi que je n'attendais plus. Dans tes bras je me suis précipitée. Aldara, je t'ai toujours aimée. Gênée pourtant tu étais. Les yeux baissés ... J'ai vu. J'ai deviné. Et ne t'en ai pas voulu. Dans les bras l'une de l'autre comme à chaque rencontre. Ma belle ... Où tu iras j'irai...
Tu m'as obligée à faire face à ce que j'avais refusé. Celui que j'avais choisi comme parrain, qui m'avait trahie.. qui avait insulté les miens. Lui pardonner ? Il n'y a que grâce à toi que j'y suis parvenue. Et je l'ai fait. Crategos... Ce ne sera plus jamais comme avant. Tu es redevenu un ami... tu ne seras plus jamais mon parrain. Mais tu as su conquérir son coeur. Et il n'était pas simple à conquérir.
Aldara ma douce, tu as su le rendre humain. Tu as su nous réconcilier. Aujourd'hui nous fêtons votre union et je suis là... Tu es ma rouge, ma filleule, ma tendre amie. Ma douce et fière Aldara. Je suis heureuse autant que tu l'es. Je suis avec toi. Toujours et n'en doute pas.
Mes amis, ce soir je suis fière. Fière de vous, fière de ce chacun est devenu depuis l'époque où nous nous sommes connus.
Aldara je t'aime. Je veux que tu sois heureuse. Sois le. Et continue à te moquer des autres. Seul ton avis compte ma rouge.
A ma filleule et celui qui fut mon parrain, soyez heureux. Je suis là pour
vous.
Je vous aime, et aimez vous,
Apolonie.

La sentinelle baisse un peu les yeux. Baisse la voix, et retourne à son siège tranquillement. Sourit timidement à Jo "j'en ai pas trop fait là ? "
En même temps ce texte elle l'a écrit il y a des jours, sous un olivier, le jour où elle a reçu le faire part. A sa place elle attend la suite de la cérémonie.
*****
Judith: La rousse détourne le regard. Elle a les yeux rouges et pleins de larmes et d'avoir à soutenir celui de sa sienne est trop dur. Elle souffle,
presque muettement :
Mon fils, Aldara ... Tamarin. Dis bonjour, mon mien, dis.
Sa main glisse des cheveux blonds jusque dans le dos du garcon, qu'elle pousse au devant de son aimée.
Elle releve les yeux, la fixe et o combien il est difficile pour elle de le faire, mais la rousse, dans un ultime effort pour retenir ses larmes, lache, le coeur qui souffre :
Adieu. On part. Je ... Je t'aime.
*****
Profitant de la distraction d'Aldara qui parlait à Judith, Crategos essuya les inscriptions écrites à la craie sur la semelle de ses chaussures.
Il était évident qu'Aldara avait été touchée par ses amis au travers des paroles de leur texte, ou encore par leurs cadeaux. Il est vrai qu'ils avaient
de charmantes attentions pour sa chérie.
Voici que Goldy arrivait à son tour, le flux des invités ne se stoppait pas,
c'était merveilleux. Crategos fut touché par les mots de son ami.
Ah ça le courage, tu n'imagines pas!Déjà là, elle a réussi à boire avant tout le monde. Je ne pourrais jamais me passer de sa folie, de son originalité.
Crategos sourit et s'approchant d'Aldara lui caressa doucement les épaules durant la lecture du joli texte d'Apolonie dont les mots lui ont été droit au coeur.
*****
Judith: La voix tremble, le corps tout entier tremble et le coeur saigne. Souffle sur une mèche rousse qui empêche la vue et narines qui s'enflent. Renifler, aspirer un coup de bise, tenter un sourire qui a bien plus la gueule d'une grimace.
La rousse attrape la main qui tient le ventre de sa douce, elle la serre entre ses doigts. Un souvenir, soudain. Un reve commun.
Ils t'attendent, je crois. Tous ... Laisse-nous nous en aller, ma mienn... Aldara. Je n'ai pas ma place ici. Je l'ai perdue en te laissant ... Excuse-moi. Et puis j'ai promis de l'emmener voir la mer. Il est temps de tenir mes promesses...




Dernière édition par Aldara le Dim 27 Avr - 0:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le meilleur du plus beau jour de notre vie   Sam 26 Avr - 23:04

La Rouge baisse les yeux, elle comprend, elle la torture, elle se torture et ce n'est pas le jour. Mais ce mariage est si atypique après tout... Jamais elle n'aurait cru y voir tant de monde, surtout des morts! Jamais elle n'aurait cru que ce serait si long de se faire passer la bague au doigt, alors que ça avait commencé sur les chapeaux de roues. Jamais elle n'aurait imaginé ce silence entre Lui et Elle...
Elle regarde la rousse et son blondinet chérubin, laisse le bouquet qui est désormais bien fatigué, glisser de ses doigts et souffle:
Oui, je comprends... tu as mieux à faire. Tu l'as, lui... Que ta route soit sûre, que la mer soit bleue et ton avenir souriant, ma belle poupée...
Elle suit des yeux le couple étrange qui sort de l'église, elle une main dans le dos de l'enfant, lui, mesurant ses pas pour ne pas trébucher.
Tout le monde prenait la parole, à tout de rôle, tirant chacun à la Rouge de lourdes et chaudes larmes de bonheur. Elle ne s’attendait pas à tout cet amour, ces marques d’affection, à tout ce monde aussi. Tant de ses amis étaient là, qu’elle n’aurait même imaginés…
Elle s’avance d’un pas, soulevant sa robe claire, raclant sa gorge, cherchant ses mots dans son cerveau embrumé par les vapeurs de Calva englouti plus tôt.
Mes amis, à mon tour de faire un discours, espérant ne pas inonder vos pieds de mes larmes. Je vous remercie, tous et toutes d’être venus à notre mariage, à Crategos et moi-même. Je sais que certains d’entre vous sont venus par devoir, par promesse; cela me touche car la parole donnée est pour moi respectable. Je vais essayer de ne pas être trop longue, il ne faudrait pas que ce mariage s’éternise. Hum…
Je voudrais d’abord remercier ma chère Ysandre, notre mairesse, ma protectrice, qui, tantôt, a évoqué notre première rencontre. Je ne reviendrai pas sur tout ce que tu as fait pour moi, ma chère Ysandre, ma
belle Blanche aux senteurs vanillées qui aime tant la menthe poivrée… Tu as remué ciel et terre pour me trouver un chirurgien, confectionné des onguents aux effets secondaires parfois inattendus, tu t’es mise en quête d’une faiseuse d’anges pour soulager mon ventre trop lourd,… Bref, j’ai dit que je ne reviendrai pas sur tout cela. Juste un mot donc : Merci à toi, pour la constance de ton amitié et de ton soutien. Te voilà aujourd’hui témoin de notre union, qui l’aurait cru ?...
Jo, à toi, ma belle rousse, mairesse à ses heures aussi. Toi aussi, tu m’as prise sous ton aile quand je suis arrivée, m’offrant robe, me prêtant mandat pour aller chercher mes biens en terre ennemie, m’ouvrant portes de ton domaine pendant ma convalescence… Ton rire cristallin, ta bouche amoureuse, ton port altier, tout en toi me semblait inaccessible. Longtemps je t’ai crainte. Ma déférence à ton égard n’a jamais été feinte… Et puis tes allers retours à Bourges nous ont un peu éloignées, physiquement je veux dire. Jusqu’à ce que je t’y retrouve et que nous jouions les acrobates ! Norf, quels souvenirs ! Nous deux agonisant dans cette taverne berruyère, enfin vide quoi, jusqu’à ce que Bimba ait pitié de nous ! J’en souris encore, souvent.
Merci à toi aussi, ma chère Johanara, tu es chère à mon cœur et les épreuves que tu viens de traverser, ta sardine portée disparue, m’angoisse, m’étreint avec vigueur…
Apolonie, ma Bleue, mon Myosotis, à toi… Tu as évoqué aussi notre première rencontre, qui reste gravée dans ma mémoire. Les flammes de ta cheminée, nos silhouettes dansant sur le mur, cette viande, succulente, dont j’avais oublié le gout, les fleurs, bleues comme tes prunelles, douces comme ta voix, parfumées comme ton rire… Tu as toujours sondé la vérité en moi, mais tu as toujours attendu que je te la livre. N’est-ce pas cela, l’amitié ? Connaitre l’autre sans jamais le brusquer, écouter et non entendre, regarder et non voir ?... Pardonner ?... Les ennemis jugent, les amis comprennent, les Bleues pardonnent… Merci à toi d’être là, merci de me guider sur le chemin d’Aristote, merci d’avoir pardonné mes silences, merci d’avoir pardonné ses erreurs…
Je voudrais maintenant remercier deux personnes, mortes ou vives, qui sont venues, je le sais, pour me témoigner leur affection, peut-être plus, mais qui souffrent sans doute d’être là. Loches. Nos amours défuntes. Une Louve. Un Amour de cannelle et d’orange… Merci à vous deux d’être là. Vous êtes dans mon cœur depuis les premiers jours de ma vie. J’espère avoir l’occasion de vous voir, peut-être dans un cadre plus restreint, moins… protocolaire, plus… hum… ‘fin vous m’avez comprise !
C’est maintenant notre Duc que je voudrais remercier. Avant d’être celui que nous connaissons aujourd’hui, il fut un ami fort amusant, que je me plaisais à ligoter à l’Auberge quand il disait des bêtises.
Aujourd’hui, la bienséance ne me permettrait plus tels actes ; je le regrette un tantinet… Merci, Votre Grasce d’être venue, je sais que les circonstances ne se prêtent pas à de grandes effusions…
Je remercie également Bimba, Jospinette, Elissar, Lonie, Sandrine, ma chère Lilly qui me manque tant, la seule que j’autorise à m’appeler Cruchette…
Les filles, vous m’avez aidée, soutenue, encouragée, consolée… Je vous aime très fort…
J’ai une pensée à présent pour deux grands absents, deux personnes qui font aussi que SA est SA. George, tout d’abord, qui pour des raisons
indépendantes de sa volonté, n’a pu être avec nous aujourd’hui.
J’aurais aimé voir son profil bonhomme se découper dans l’église, des cartes de ramponneau fuyant de ses manches. Mais non. Je sais qu’il pense à nous très fort, le remercie lui aussi de son soutien constant et de l’opportunité qu’il m’a donnée d’entrer au conseil municipal.
Grâce à lui, je goûte un tout petit peu à la politique, suffisamment pour m’en méfier comme de la peste !^^
Loubette, ensuite. Voilà long que je n’ai pas de tes nouvelles, ma chère amie, celle pour qui, en grande partie, je suis venue m’installer ici.
Je sais que les semaines passées n’ont pas été faciles. Je regrette ton absence qui me meurtrit mais ne t’en veux point. Nous rattraperons le temps perdu une fois tout ce protocole passé.
(Elle prend une grande inspiration, sachant que le plus dur reste à venir, lève les yeux vers les vitraux éteints par la nuit)
Ellya. Mes pensées vont vers toi, où que tu sois, auprès de ton fils Alex, surement, bercé par ta voix enchanteresse. Tu as changé ma vie, toi aussi, à ta façon… Si je suis épousée aujourd’hui, c’est sans nul doute grâce à toi, ta persévérance, ton amour, ton sacrifice…
(Voilà que les larmes roulent, encore.)
J’arrive au bout, je vous promets. Pardon de monopoliser ainsi la parole…
(Elle se tourne vers Crategos, prend ses mains dans les siennes, plante ses prunelles sombres dans l’océan infini de ses yeux. Ainsi c’est elle qui brisera le silence qui les étouffe depuis le début de la cérémonie)
Mon Ange. Mon Ange Déchu. Mon Garnement. Il faut croire que tout le monde, avant nous, a perçu ce qui nous aimantait. Le feu sous ma peau lorsque tu entrais dans une taverne, la braise dans ton regard qui me transperçait les veines, les flammes de ta langue perfide qui venaient lécher mes oreilles… Hum… Rien, dans notre histoire n’est classique, normal, je crois. C’est ce qui en fait la rareté, la fragilité aussi. Si j’ai si longtemps refusé d’être ta femme, c’est parce que je voulais que nous restions libres.
Libre de rester, libre de partir. Parce que c’est, je crois, quand on est libre de partir, que l’on reste pour les bonnes raisons… Je te veux mien, je me veux tienne, bien que le mot me dérange… Je te veux libre à mes côtés, et je me veux libre aux tiens, voilà qui traduit mieux ce que je pense. Tu es libre Crategos. Tu as agi, depuis toujours, en toute liberté, parfois trop, tout le monde le sait et ne cesse de le cracher.
Mais c’est, je crois, ce que j’ai aimé chez toi. Inaccessible, intrépide, passionné, dangereux aussi… Comme je le suis, ou l’étais peut être… Voilà pourquoi, aujourd’hui, j’ai choisi de prendre avec toi ce nom, Helequin, fougueux, tempétueux… qui nous représente bien je crois et qui, je l’espère, nous restera attaché sans nous brûler les ailes…
Je t’aime.
Parce que tu es insolent, arrogant, colérique, irréfléchi, radin, escroc… Alors si tu veux toujours d’une Rouge avinée, sanguine, vengeresse, impie, dépensière… dis-moi « Oui »… Et plutôt deux fois qu’une…

Les derniers mots résonnent sous la voute silencieuse. Son regard n’a pas changé, toujours planté dans le bleu océan de l’homme qu’elle tient par les mains. Elle est émue. Elle pleure. Encore…

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