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 A dos de baudet

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Aldara
À bâillonner
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Nombre de messages : 555
Date d'inscription : 04/07/2007

MessageSujet: A dos de baudet   Dim 14 Sep - 14:48

La cour était immense, pavée, brillante sous le soleil de cette fin d’été, déjà haut dans le ciel. Des arcades parfaites abritaient un corridor frais en été, glacial en hiver. On devinait, derrière les austères murs gris, des chambres, des dortoirs où venaient guérir les fuxéens, mourir parfois. Le repos du corps et de l’âme était ici de rigueur, au milieu des nonnes à la coiffe immaculée et au signe de croix prompt.
Un étrange attelage arrive devant l’imposante porte de bois, alors qu’une file de bonnets blancs se hâte dans le corridor.
Une main cogne le bois, une voix fluette répond « Ouiiiiiii ? »
Ma sœur, une urgence. Une mauvaise chute qui pourrait avoir de funestes conséquences ; nous voudrions votre avis.
La porte s’ouvre, après un bruit de loquet qu’on tire.
Entrez mes enfants, entrez vite que nous voyons cela. Regard amusé de la sœur sur la femme installée sur le dos de son porteur.
Les deux jeunes gens sont dirigés vers un immense dortoir, composé de petites cabines individuelles dont un épais rideau écarlate masque l’intimité.
Ca tousse, ça râle, ça suffoque, ça agonise derrière les rideaux…
Par ici, venez…
La nonne invite Aldara à descendre de son destrier pour poser son séant sur une paillasse somme toute confortable.
Bon jorn, ma sœur, souffle La Rouge, visiblement mal à l’aise au milieu de la mort et de la foi.
Deux mains blanches se posent sur la cheville gonflée et déjà un éclair traverse le corps d’Aldara jusqu’au sommet du crâne…
¤¤¤¤¤
La réponse de l'homme avait été rapide, sans discussion possible. Miléagan avait tourné les talons, avant même qu'elle ouvre la bouche.
Alors qu'il sortait de l'Hospice, la petite nonne s'empressait autour de la cheville douloureuse.
Ma Dame, laissez-moi au moins immobiliser votre pied, sinon, vous aggraverez votre santé. Il est louable que vous souhaitiez porter assistance à un mourant, ce pour quoi, je n'insisterais pas pour vous retenir. Notre Seigneur vous accompagnera. (petite signe de croix)

La Rouge se retient de répondre et tend la main vers la jeune fille:
Je me nomme Aldara, merci de prendre soin de moi.
Les yeux transparents de la religieuse se lèvent, un sourire naïf se dessine, une voix fluette énonce:
Et moi, Eulalie, Dame. Ce n'est pas moi qui prends soin de vous, c'est Aristote qui vous a guidée jusqu'ici. Vous et votre... monture, hihi... Je vais chercher de quoi bander et immobiliser votre cheville.
Aldara reste seule quelques minutes, au milieu des râles et des toux moribondes.
La soeur revient enfin, deux petites planches et une large bande de tissu entre les mains. Chaque planche trouve sa place de part et d'autre de la cheville, le tissu vient enserrer le tout, sous les grimaces de La Rouge.
Eulalie aide ensuite Aldara à se lever et la conduit au dehors, près d'un charmant petit puits.
Voilà, prenez l'air ici, en attendant votre ami, il y est plus frais et plus sain.

Aldara s'assoit sur le rebord du puits, sentant la fraicheur humide qui monte du trou et attend le retour du chevalier avec, espère-t-elle une monture digne de ce nom.
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